mardi 5 octobre 2010

Les vendanges 2010 - Mardi 5 Octobre: enfin à Duplessis!

La température matinale de 14°C est agréable. La pluie a cessé, la nuit a miraculeusement séché  le paysage ; seules les flaques témoignent des trombes d’eau tombées la veille. Notre pluviomètre moulissois indique 30 mm. Ce n’est pas rien !
Emilie et moi commençons notre tour quotidien par La Tour de Bessan : c’est un jour « avec » où tout se goute bien ; Emilie se demande si c’est un jour « fruit ». En effet, le calendrier lunaire indique des périodes différentes (racines, fruits…) et cette période-là est favorable à la dégustation.
Les remontages programmés vont en diminuant ; nous ajoutons quelques tâches (qui attendaient un moment de disponibilités de nos équipes) avant de partir vers Villegeorge. Nous découvrons la « tête » de la cuve remplie hier ; elle montre une couleur de bon aloi. Les deux autres cuves ont bien progressé et se gouttent mieux de jour en jour. On diminue les remontages de la première cuve dont la densité est proche de 1030, la seconde aura ses deux aérations quotidiennes.
Nous goûtons le second vin 2009, histoire de contrôler son évolution : il faut se remettre au goût du vrai vin ! Après les notes sucrées, le fruité très expressif des cuves de Merlot, le vin se défend bien. Le nez mêle harmonieusement fruits rouges et léger boisé (l’élevage en barriques ne représente que 22%, le reste du volume est élevé en cuves). La bouche est charnue, bien équilibrée, le vin est plaisant, sur le fruit avec une finale fraîche.
Duplessis : nous voici déjà sur le terrain des vendangeurs ; la joyeuse troupe se trouve à gauche de la belle allée qui serpente entre les arbres centenaires. Daniel et Elisabeth trient les raisins, l’air satisfait : c’est très joli ! Habib a reçu sa première remorque ; elle se vide directement dans l’érafloir-fouloir, elle est difficile à mettre en place au premier essai, il est plus aisé de vider dans un conquet (plus large). Heureusement, les plus expérimentés guident ceux qui apprennent leur métier pour la première année.
A la fin de la journée, la cuve de 173 hl est pratiquement pleine. Ali et Elisabeth aident Habib à vider le tuyau de vendange : énorme serpent rouge qui fait le lien entre la cuve et la pompe à vendange.
Les bottes pataugent, le jet d’eau arrose, le nettoyage bat son plein.

Emilie est à Tour de Bessan en train de faire les analyses des prélèvements que nous avons effectués ensemble dans l’après-midi, afin de faire un point sur nos parcelles de Cabernet Sauvignon. Je l’appelle et nous échangeons avec Thierry pour bâtir le programme de demain : finir les quelques rangs des 3 Pièces puis ramasser ensuite les vieilles vignes en commençant par les Pommiers. Thierry sait qu’il y passera plus de temps car les pieds sont plantés à une densité de 10 000 pieds à l’hectare ; les rangs sont étroits : 1 m seulement au lieu de 1m30 ou 1m50. Il n’y aura qu’un vendangeur par rang. D’ordinaire, il y en a deux, dos à dos.
La journée s’achève, il fait bon : plus de 21°C, la lumière baisse, les oiseaux chantent. Encore une journée qui s’envole !

lundi 4 octobre 2010

Les vendanges 2010 - Lundi 4 Octobre: une demi journée de récolte et un atelier vinification au Château La Tour de Bessan

Nous commençons à 8h, la température est élevée contrairement à la semaine précédente, il fait 18°C. Le ciel est couvert .

Tour quotidien de nos cuves, nous stoppons les remontages sur les premières cuves ; notre numéro 2 part en échantillon au laboratoire : elle est en fin de fermentation alcoolique. Les dernières cuves prennent de la densité, se structurent. Jean-Luc et Hedi démontent le roulement du conquet ; il est commandé et la pièce devrait arriver demain.
A Villegeorge, la troupe finit la première benne quand nous arrivons sur place ; les mines sont reposées (en particulier pour les vendangeurs extérieurs à nos équipes qui ont pu bénéficier de deux jours de repos). On me demande des nouvelles de la soirée de samedi ; je remercie de la part de nos hôtes, repartis heureux de cette journée de vendanges communes. Elisabeth, juchée sur la remorque, effectue le tri de la récolte ; elle est tout sourire et déclare s’être beaucoup amusée !
Un tour au cuvier pour déguster nos deux cuves en attendant que la troisième soit remplie.
A 11h45, notre troupe a fini la Vieille Vigne de Villegeorge ; la remorque est vidée quand la pluie commence à tomber. Ce sont d’abord quelques gouttes, puis une belle averse. Coup de fil à Thierry puis Emilie. Nous décidons d’arrêter pour la journée. Sage décision car la pluie et les rafales de vent ne cessent guère toute l’après-midi. Une pluie bénéfique pour la nature : la Jalle de la Morère à Moulis était totalement à sec (ce qui est assez rare à cette époque de l’année).
A 15h30, nos touristes accompagnés d’une charmante guide arrivent directement au cuvier pour l’atelier de vinification. Ils viennent du Château Loudenne où ils ont pu vendanger et déjeuner (avec les vins des 4 Médocaines). Je leur explique la vinification en français tandis que leur accompagnatrice (qui connait bien les lieux) traduit avec aisance mes propos en anglais. Il y a beaucoup de francophones dans ce groupe : nos fidèles québécois (nous n’avons pas de groupe de touristes sans notre équipe du Québec) ainsi que des brésiliens qui parlent parfaitement français. Les questions sont nombreuses, parfois déroutantes : est-ce que le vin devient limpide quand il n’y a plus de sucre ? Le sucre ne se voit pas mais se mesure, cela nous semble évident. Je reprends les différentes étapes de clarification du vin sous l’oreille attentive de nos hôtes. Une jeune québécoise me demande si le vin est prêt ! Ils sont en train de goûter du moût de Merlot en fermentation : il y a encore beaucoup de sucre non fermenté. Je lui réponds qu’il faut finir les vendanges et les vinifications avant de parler réellement de vin. La deuxième cuve goûtée a presque terminé ses sucres (il en reste une dizaine de gramme), l’alcool se perçoit bien ainsi que les tannins. Une jeune asiatique me pose des questions sur le nom de ce jus et me demande d’épeler le mot français : « moût ». Ce n’est pas encore du vin ; je rappelle qu’il faut être patient : au moins deux ans entre la récolte et la mise à disposition des bouteilles. Notre jeune québécoise s’interroge sur l’âge des vignes ; elle ouvre de grands yeux quand je lui dis que nous travaillons sur 20 ans pour établir un vignoble : arrachages et replantations doivent être faits régulièrement pour maintenir l’équilibre et pouvoir produire de grands vins. Un échange intéressant qui nous permet de partager notre savoir-faire et notre passion avec des amateurs qui nous font le plaisir de venir en curieux, parfois du bout du monde, pour découvrir les coulisses du vin.
Demain, nous espérons (la météo le dit) que le temps reviendra au beau et que nous pourrons enfin commencer la récolte à Duplessis. Sinon je crains qu’Habib ne s’impatiente : il gère avec beaucoup de sérieux les vinifications à Moulis et c’est la seule des trois propriétés à ne pas avoir une seule cuve remplie.

Les vendanges 2010 - Dimanche 3 Octobre

Aujourd’hui, seules les équipes des chais de La Tour de Bessan (Jean-Luc, Heidi et Romain) et Villegeorge (Jean-Denis et Mickaël) sont là. Emilie et moi faisons une station dans chaque cuvier pour faire le planning du jour en dégustant avec les maîtres de chais, chacune des cuves rentrées. Celle du Fouquet’s, première cuve de Cabernet Sauvignon arbore déjà une teinte superbe, comparable à celle des Merlots ; l’analyse nous confirme les résultats des prélèvements avant récolte : 12°6 ! Un très beau degré pour ce cépage moins riche en sucres naturels que le Merlot. Romain s’endort debout, Jean-Luc lui donne son après-midi afin qu’il commence la semaine en bon état physique ! Ensuite, un petit tour de vignes centré sur les parcelles de Merlot à ramasser ; nous devons établir le planning pour le lendemain.
C’est décidé, nous ramasserons lundi matin la vieille vigne de Villegeorge ; la troupe devrait la vendanger dans la matinée. Ensuite nous irons à Duplessis : deux jours de vendanges pour ramasser les Merlots qui sont mûrs.
Le temps est au beau et il fait chaud l’après-midi : 29°C !

Le Fouquet's au cœur des vendanges

« Attention à ne pas mettre les feuilles avec le raisin », dit Pascale, lingère de métier qui, aujourd'hui, trie les baies. Elle parle à Jérôme, directeur financier de l'hôtel Fouquet's Barrière, porteur de hotte pour l'occasion. Pour la deuxième année, le palace parisien et Marie-Laure Lurton, vigneronne médocaine, sont partenaires d'une opération de soutien en faveur du reboisement de la forêt des Landes.
Pierre Ferchaud, directeur général de l'hôtel Fouquet's Barrière, explique la démarche : « Outre son but caritatif, les Vendanges du Fouquet's sont conçues comme un projet écologique, humain et social. Il offre l'occasion aux salariés des entreprises partenaires d'échanger leur savoir-faire, en dehors de toute notion hiérarchique, et de tisser des liens qui permettent ensuite, sur notre lieu de travail, d'affronter les difficultés. »
Reboisement des Landes
L'année dernière, c'est au château Villegeorge - AOC Haut-Médoc - à Avensan qu'ont eu lieu Les Vendanges du Fouquet's. Le vin qui en est issu, mis aux enchères, a permis de récolter 50 000 euros. Cette somme servira au reboisement de la forêt des Landes et à la recherche sur la biodiversité. Le président de la CdC du Gabardan, le conseiller général et d'autres élus de la Communauté de communes étaient présents samedi avec les employés du Fouquet's, et les locaux qui travaillent dans les vignobles du château La Tour de Bessan, autre propriété de Marie-Laure Lurton, soit une trentaine de personnes.
Point de sécateurs en or pour couper les grappes, pas plus que tee-shirt et tabliers ne portaient la griffe d'un grand couturier. Pas de « bling-bling » en somme. Les postes étaient occupés en fonction des souhaits et de la morphologie de chacun : les plus costauds et les plus habiles étaient porteurs. Il y eut bien quelques coupures et quelques heurts mais qui n'occasionnèrent que des plaies bénignes.
Au bilan, 1 à 2 hectares ont été vendangés, 9 tonnes de raisin récoltées, ce qui devrait produire 60 hectolitres de château-la-tour-de-bessan, cru bourgeois AOC Margaux millésime 2010. Il y a une suite à ces vendanges ; Marie-Laure Lurton nous la dévoile : « Le 6 décembre, à l'hôtel Fouquet's, se tiendra la soirée de vente aux enchères du Fouquet's. »
« Il sera procédé à la vente de la récolte 2010 du château La Tour de Bessan avec, en exclusivité, de prestigieux grands contenants. Plus de 1 500 flacons seront proposés aux enchères. »
Sud Ouest, par Louis Le Cor

dimanche 3 octobre 2010

Les vendanges du Fouquet's et du Pays du Gabardan au Château La Tour de Bessan

Il est 8h, le premier samedi d’octobre, nous attendons l’équipe du Fouquet’s Barrière (qui a passé la nuit dans les Landes) ainsi que huit représentants du Pays du Gabardan. Le petit déjeuner, préparé par Emilie Van Maele et Viviane, les attend dans la salle de dégustation.
Emilie et moi profitons du retard de nos hôtes pour faire la revue de nos cuves: dégustation de chacune d'entre elles avec Jean-Luc; le programme de remontages est prêt quand nos partenaires de la journée arrivent.
Un léger contretemps (un roulement de notre conquet à vendange menace de céder), nous amène à retarder le programme. A 9h15, notre vaillante troupe se rapproche à pied de la parcelle de Cabernet Sauvignon qui se trouve au fond de la Verdotte. C’est une de nos meilleures parcelles, la plus précoce pour ce cépage. Un arrêt devant la façade de notre salle de dégustation pour prendre une photo : nos polos oranges qui portent les logos du Fouquet’s et de La Tour de Bessan sont arborés avec fierté par tous les participants. Notre équipe est donc confortée par ces 28 partenaires ; hormis l’équipe du palace parisien, trois personnes de Ricoh (notre généreux sponsor de l’édition 2009) accompagnent Corinne Grapton, charmante et dynamique représentante de la direction. Nicolas Ricat, du Groupe Lucien Barrière, arrive en milieu de matinée par ses propres moyens. C’est lui qui nous a mis en relation avec Serge Jourdan, président de la communauté de communes du Gabardan ; il a une maison secondaire dans les Landes et connaît bien le maire de Losse pour participer régulièrement aux fêtes locales (une activité très prisée sur ce territoire !). Puis nos marraines, Nora Barsali (qui nous a soutenus pour la première édition) et Yolaine de la Bigne (rédactrice en chef de Néoplanète) nous rejoignent en début d’après-midi.

Pierre Ferchaud (qui a succédé à Eric Boonstopel à la direction générale de l’Hôtel Fouquet’s Barrière,) se révèle un vendangeur assidu. C’est aussi l’occasion pour lui de faire mieux connaissance avec une partie de sa nouvelle équipe.
A 12h30, deux bennes sont déjà rentrées au cuvier ; nous partons pique-niquer dans le parc de Brane avec la bénédiction de mon frère Henri et de mes parents. Le ciel est bleu, le soleil brille, tout le monde apprécie l’ambiance détendue. Romain distribue les amuses bouches tandis que Jean-Denis sert le champagne offert par Pop Earth qui soutient notre action. Chacun se voit distribuer un panier, en bois cette fois ci ! Il contient le pique-nique préparé par l’Officier de Bouche.
A 14h, les participants réclament  la reprise du travail ! Nous attendons quelques minutes l’arrivée des marraines puis la troupe repart pleine d’entrain. Les coupeurs s’activent, certains profitent de ces instants en pleine nature, pour garder le silence, d’autres parlent, s’interpellent. Tout le monde s’entraide ; il y a plusieurs personnes dans chaque rang et le chantier avance avec entrain. Certains contrôlent le tri sur la remorque et réprimandent avec bonne humeur les coupeurs qui mêlent feuilles et reverdons (ces petites grappes acides qui poussent en haut des rangs) aux belles grappes mures.
Il est 17h quand la récolte s’arrête : la  6ème benne est pleine. La cuve 85/51 est quasiment remplie. Notre troupe aura passé 5h30 à travailler ; les courbatures se font sentir, surtout chez les parisiens !  On repasse au cuvier, les curieux posent des questions à Jean-Luc, suivent le parcours du raisin jusqu’à la cuve, jettent un œil intéressé aux fiches de fermentation. Puis Nicolas, notre photographe attitré, prend une photo de groupe dans le cuvier avant que de l’on se sépare momentanément.

Il est 20h30, tout le monde s’est mis sur son trente et un pour fêter au Château Desmirail la fin de cette magnifique journée. Mon frère Denis, qui a porté la hotte toute la journée à nos côtés, nous héberge dans sa belle salle de réception. C’est l’échange des cadeaux : Jérôme offre un somptueux bouquet de la part du Fouquet’s Barrière  à Yolaine, Corinne et moi. Emilie, aidé de mon époux et de Bruno David (directeur de La Passion des Terroirs et lien originel entre Christian Rossi et moi-même) distribuent les magnums de Tour de Bessan à tous nos vendangeurs du jour. Les yeux brillent, les sourires sont sur tous les visages, les conversations vont bon train. Jacques Boissenot, notre œnologue conseil est venu avec son épouse ; il nous a aidé à assembler la cuvée de Villegeorge 2009 réalisé avec les vendanges du Fouquet’s.
Après le champagne, nous passons à table. Chaque partenaire s’exprime : on sent l’émotion, le bonheur d’être ensemble. Pierre Ferchaud prend la parole avec chaleur: il parle d’amour, de passion. Ce sont véritablement des élans humains, des rencontres qui nous ont permis de construire ensemble cet incroyable partenariat. Mon voisin de gauche, Serge Jourdan, n’en revient pas : pourquoi nous avoir choisis? Il semble ébahi par l’ampleur de la tâche. Cet homme droit, nous a conquis ; maire d’une commune de 300 habitants (depuis 1977), il est devenu Président de la Communauté des Communes de Gabardan. La majorité des maires se sont rassemblés autour de ce projet : la plus grande ferme photovoltaïque d’Europe (300ha !) établie sur des sols infectés par le fomès, un champignon qui détruit le pin. Michel Herréro, conseiller régionale des Landes, qui est là avec nous, m’a expliqué la veille le combat de cette communauté de communes pour défendre son territoire et assurer la survie de ces villages. Voyant que les poutres qui tenaient les panneaux photovoltaïques venaient de Roumanie, nos landais n’ont eu de cesse d’utiliser le pin des Landes et de faire venir des ateliers de transformation pour adapter le bois à sa nouvelle destinée. Désormais, afin de sortir du cercle infernal, ils souhaitent développer leur zone d’activités afin de créer des emplois en vue de passer la population de 3 500 à 5 000 habitants. Ces hommes, fiers de leur culture, ont décidé de prendre leur destin en mains. Ensemble, quelles que soient leurs couleurs politiques, ils ont choisi de s’unir pour leur terre. Chapeau bas ! Serge nous invite officiellement à la plantation des premiers arbres pour la sainte Catherine en 2011.
La vente aux enchères de notre dernier né (la récolte 2010) est prévue le 6 Décembre ; nous profiterons de l’occasion pour programmer une réunion de travail. Ce sera l’occasion de voir notre nouveau parrain, Philippe Faure Brac, meilleur sommelier du monde. Chacun souhaite être fidèle à son engagement, notre partenariat tri partite fonctionne. La rencontre du monde rural (le Médoc et le Gabardan) et du monde du luxe parisien (l’Hôtel Fouquet’s) se passe dans la joie et la bonne humeur. Le diner se termine par une dégustation d’Armagnac millésimé. Jean Paul ne résiste pas à la tentation et ce n’est pas le seul !

Et le moment de se séparer arrive, trop tôt ! On s’embrasse avec affection. Quelle merveilleuse journée et quelle superbe aventure à construire ensemble!

samedi 2 octobre 2010

Les vendanges 2010 - Vendredi 1er Octobre

PHOTOS NICOLAS TUCAT - ABACA PRESSE
Il est 8h, il fait 11°C à Villegeorge, Emilie et moi retrouvons Jean-Denis pour déguster les deux cuves de 2010 ; la 100H n°22 a un goût de fraises fraiches écrasées, la 150H N°29, levurée la veille semble déjà prometteuse à la couleur. La première candidate aura droit à deux remontages d’aération et la seconde subira une homogénéisation puis une aération dans l’après-midi.
 Ensuite c’est à Tour de Bessan que se passe la revue des cuves ; l’évolution est satisfaisante et chaque cuve se goutte mieux que la veille. Le programme est défini avec Jean-Luc.
Quelques consignes griffonnées sur un papier pour Emilie Van Maele qui va préparer la venue le lendemain de l’équipe du Fouquet’s et il est temps de partir à la gare récupérer Monsieur Pierre Ferchaud, leur nouveau directeur. Passés les travaux et les embouteillages, j’arrive légèrement en retard. Nicolas Tucat notre photographe « attitré » (il a réalisé le reportage de nos vendanges à Villegeorge l’an dernier) est aussi du voyage. Il nous faut 1h30 pour atteindre le Gabardan où nous sommes attendus par l’équipe du Fouquet’s arrivée la veille. Nous sommes accueillis avec convivialité par Jean et sa charmante épouse de la Ganaderia de Buros. Après un peu d’histoire, juché sur des échasses, notre hôte nous convie à prendre l’apéritif. Le déjeuner à l’accent du pays ! Une salade landaise, suivie d’une viande de taureau mijotée aux pommes de terre. Le tout accompagné d’un verre rouge du Domaine de l’Espérance (assemblage réussi de Tannat à 20% et de Merlot). Après le fromage, une tourtière à l’armagnac et sa glace (à l’armagnac également), clôturent ce généreux repas.
Ensuite moment historique, nous signons à trois la convention de partenariat : Pierre Ferchaud, Serge Jourdant (président de la communauté des communes du Gabardan et maire de Losse) et moi-même. Un énorme chèque de 49 900€ symbolise le versement de notre première récolte (millésime 2009 à Villegeorge). Les discours se succèdent avec le souci de mettre en avant ces rencontres humaines qui ont donné le fruit à ce partenariat. Je rappelle la rencontre avec Christian Rossi, directeur des achats du Fouquet’s il y a quelques années à Vinexpo. Puis notre diner avec une équipe qu’il emmenait visiter le Médoc et que nous avons reçus à la maison. La volonté commune de faire quelque chose ensemble, ce sera des vendanges, pourquoi et pour qui ? Il fallait donner un sens à cette entreprise construite autour du développement durable. Nous avons décidé, après la tempête de Janvier 2009, que nous participerions à la reforestation des Landes. Beau projet !

vendredi 1 octobre 2010

Les vendanges 2010 - Jeudi 30 Septembre

La température matinale est plus élevée : 16°C mais la pluie de la nuit a mouillé le vignoble. Les moustiques attaquent dès 8h quand nous faisons le point avec Thierry et les chauffeurs de tracteurs.
  A Villegeorge, nous dégustons notre première cuve, la numéro 22 : elle est fruitée et riche en sucre (on dépasse allégrement les 13° !). Jean-Denis l’a levurée la veille, elle était à 17°C. La fermentation démarre doucement et les deux remontages sans aération (un le matin et le second en milieu d’après midi) lui amènent une couleur de plus en plus intense.
Nous allons ensuite à La Tour de Bessan où Jean-Luc a prélevé chaque cuve après avoir relevé densité et température. Notre première cuve donne des signes de faiblesse (la densité baisse mais la courbe est moins pentue), après dégustation, nous décidons de prendre un échantillon pour analyse : celle-ci nous rassure, elle ne montre aucun signe d’altération, l’acidité volatile est très basse, l’acide malique est toujours présent ; nous voilà rassurés. La cuve N°2 est à 1014, on stoppe toute intervention (plus de remontages du tout) ; elle garde ce goût très particulier de fruits des bois. Les dernières cuves rentrées, encore à l’état de jus en fermentation, détonnent par rapport aux premières. Mais dans quelques jours, n’en doutons pas, elles rattraperont leur retard.
C’est le jour du rosé, les premières bennes arrivent en fin de matinée ; il a fallu attendre que la vigne soit sèche. Jean-Luc est un peu inquiet : après pressurage il trouve les jus un peu foncés par rapport à l’an dernier. Que va dire Emilie ? En fin de journée, nous goûtons le jus trouble, il est en train de débourber ; notre spécialiste en rosé est fort satisfaite. Tout va bien !
A Villegeorge, nous avons rentré une deuxième cuve : les Merlots de Ludon ; il a fallu ajuster le nombre de remorques. Thierry, Jean-Claude et Jean-Denis ont dû se concerter : il en fallait 8, ni plus ni moins. On a réussi à remplir la cuve et finir la parcelle.

Une journée s’achève : les deux chais effectuent le nettoyage et tout le monde repart chez soi à une heure décente. Déjà une semaine de ramassage.