mercredi 13 octobre 2010

Les vendanges 2010 - Mercredi 13 Octobre

A 7h, il fait encore nuit et la température a chuté, il fait 11°C.
Petit tour à Villegeorge où Jean-Denis a commencé son remontage puisque seule la dernière cuve est en pleine phase fermentaire ; les autres terminent doucement leurs sucres.
On goûte le Haut Médoc 2009 (sélection deuxième vin) pour vérifier sa qualité ; il faut prévoir une mise précoce sur une cuve pour un négociant. Nous prévoyons le collage et établissons le planning afin de satisfaire cette demande.
A Duplessis, Elisabeth sourit au milieu de l’allée, cernée par les bailles : deux cuves en vis-à-vis sont en plein remontage d’aération. Miloud s’affaire avec les serpentins et Habib est juché en haut des cuves pour superviser la qualité du remontage : le chapeau de marc doit être mouillé sur toute sa surface pour que celui-ci soit efficace.
Petite revue des cuves ; on stoppe les remontages de notre cuve de très vieilles vignes (TVV), on diminue ceux des deux cuves suivantes qui montrent des tannins bien présents. Seules les deux dernières bénéficieront de deux remontages complets dans la journée.
Petite station au bureau pour faire avancer les dossiers divers. Tony a attrapé un torticolis la veille et Jean-Luc s’est coupé un doigt (heureusement sans gravité) ce matin, il faut faire des dossiers accident du travail. Nos effectifs sont en chute libre !
10h : nous rejoignons La Tour de Bessan où Jacques Boissenot vient déguster les premières cuves finies. La première cuve écoulée se goutte mieux que la veille mais ne trouve pas grâce aux yeux de notre expert ; elle est classée en B. Les 3 cuves suivantes sont décorées d’un A ainsi que les 3 dernières. En résumé : 2 B et 6 A ! On se réjouit et on organise le planning d’écoulage.
Petit contrôle du Château La Tour de Bessan 2009 : il est boisé mais Jacques Boissenot qui n’est pas un « aficionado » du bois le trouve très bon et pense qu’il n’est pas nécessaire d’écourter maintenant son élevage en barriques.
A Soussans, nous avons quelques soucis pour vendanger : vers 10h l’un de nos chauffeur s’est blessé, vite remplacé par Hedi qui était au chai aidant Jean-Luc au pressurage ; puis vers 12h30 une des machines tombe en panne ! Ce n’est pas le bon moment, notre fournisseur de pièces détachées ne fait pas la journée continue ! On attend 14h pour récupérer la pièce cassée.
Malgré ces avatars, les remorques arrivent au cuvier remplissant une cuve de 150hl puis une cuve de 100hl.
Le soleil nous aura accompagné toute la journée mais avec des températures plus fraîches : 22°C ; un léger vent froid rafraichit le fond de l’air.

Un petit point chiffré sur les vendanges :


Nous avons ramassé 73% de la surface à Duplessis, 65% à Villegeorge, et autant à Tour de Bessan. Les rendements moyens des Merlots oscillent entre 34 et 46hl/ha. Quant aux degrés de ce cépage ils vont de 13,6 à 14,7 !

mardi 12 octobre 2010

Les vendanges 2010 - Mardi 12 Octobre : le temps est avec nous !

Encore une belle journée, le ciel est bleu, le soleil brille, il fait bon, ni trop chaud, ni trop froid. Nous sommes très chanceux pour le moment, comme suspendus dans le temps en espérant que nous allons bien négocier la dernière ligne droite.
Tour matinal : à 8h à La Tour de Bessan pour déguster les cuves encore en fermentation, puis à Villegeorge où la récolte se goûte particulièrement bien et enfin à Duplessis où nous décidons de calmer les remontages sur notre cuve de très vieilles vignes (TVV). Habib et Miloud s’affairent, ils ont bien entamé les premiers remontages, mettent en place les refroidisseurs et se préparent à recevoir notre grande parcelle de La Morère, la « chouchoutte » de Jean Cordeau, notre conseiller viticole.
Passage au bureau tandis qu’Emilie part au laboratoire avec les échantillons du jour.
On se retrouve en fin de matinée à La Tour de Bessan : les vendangeurs sont en pause, la cuve de 50hl est pleine. Nous dégustons au laboratoire les échantillons des cuves finies : Emilie est positive, Jean-Luc et moi goûtons assez mal (certainement l’âge et la fatigue !), sauf la première 60hl qui fait l’unanimité. La plupart des cuves sont gazeuses : fin de fermentation alcoolique ou début de fermentation malolactique. Jean-Luc décide de dégazer au maximum les échantillons qui seront goûtés demain matin avec Jacques Boissenot, notre conseiller. Nous aurons demain l’avis de notre expert.
Passage chez notre fournisseur à Macau : prendre des gants pour notre troupe. Celle-ci a terminé le ramassage du Conservatoire (quelques rangs de tous les cépages qui nous intéressent, dont la Carmenère qu’Elisabeth a trouvé particulièrement colorée et le Malbec, cépage de Cahors mais autorisé à Margaux).
Les vendangeurs, qui ne mènent plus que 10 rangs (au lieu de 14 en début de vendanges) sont éparpillés au milieu de la parcelle La Turne qui fait face à La Tour de Bessan (notre chais, pas la tour du XIIIème siècle qui est à Soussans, au milieu des bois). Je questionne Thierry pour savoir s’ils vont pouvoir terminer la parcelle en fin de journée, il est très sceptique, les vendangeurs ont chaud, la vendange est peu abondante mais les rangs sont longs…On y reviendra jeudi.
A Duplessis, tout se passe bien. Habib, à qui l’on a apporté la veille un trieur nouvelle génération, est ravi. Nous décidons de récupérer les pièces détachées du précédant et de le mettre hors d’état de servir !
La parcelle de La Morère est totalement vendangée et … les deux cuves prévues sont pleines ! Une fois n’est pas coutume : le compte est bon !
Une journée qui s’achève sous le soleil avec des températures printanières.
Demain, nous ramasserons notre très belle parcelle de Cabernet Sauvignon à Soussans ; j’y suis passée pour constater la stabilité de l’état sanitaire (parfait) et le bon goût du raisin.

Les vendanges 2010 - Lundi 11 Octobre: Après la pluie le beau temps !

Ce matin, premier jour de la semaine (comme nous n’avons plus de week-end depuis le 23 septembre, nous avons tendance à ne plus savoir quel jour nous sommes!). La température est encore douce mais le fond de l’air est humide ainsi que le feuillage des vignes. Il faut attendre 10 h pour lancer la machine à l’assaut de la parcelle de Cabernet Sauvignon d’Avensan, elle porte le nom d’Hedi, un de nos vignerons, qui l’a taillé longtemps au prix fait. Vers 15h, la cuve de 150 hl est pleine à Villegeorge, et la parcelle est finie.
Les autres chais tournent au ralenti et ceux qui le peuvent en profitent pour se reposer, se détendre, faire une pause déjeuner plus longue. Tout changement de rythme doit être mis à profit pour recharger les batteries : les vendanges sont un véritable marathon pour nos équipes avec la difficulté supplémentaire de devoir adapter sa vitesse à celle du programme différent selon le jour.
Nous recevons les analyses en fin de journée. Avec étonnement et même une légère pointe de doute, nous découvrons l’IPT (indice de polyphénols totaux : la quantité de tannins, c'est-à-dire la structure du vin) de notre première cuve 2010 : 122 ! Une cuve très tannique atteint rarement 80, au-dessus il s’agit des vins de presse (obtenus par pressurage du marc : les peaux de raisins en fin de macération). C’est notre record pour le moment.
Le programme de ramassage devrait se terminer en fin de semaine ou en début de semaine prochaine. Nous allons commencer l’écoulage de notre première cuve de Château La Tour de Bessan mardi soir. Cela signe la fin de la macération : on sépare le vin de goutte, celui qui coule naturellement de la cuve dans une baille (une énorme bassine !) quand on ouvre la vanne, du chapeau de marc. Celui-ci est pressé, après le décuvage (nos équipes rentrent dans la cuve après dégazage pour la vide). Nous avons un pressoir pneumatique, dernier cri, car nous travaillons la qualité de nos vins de presse.
Donc cette année, nous n’attendrons pas la fin des vendanges pour entamer les écoulages ; notre première cuve (qui bat le record d’IPT) risquerait de perdre de la fraîcheur, du fruit et de gagner en tannins secs et amères.


Emilie organise tous ces chantiers, répartissant les équipes au gré du programme. Une gymnastique qui doit tenir compte des compétences, de la synergie des personnes. Un exercice difficile car nous avons des équipes réduites. Heureusement, il y toujours parmi nos vendangeurs des personnes vaillantes qui peuvent compléter temporairement nos effectifs.
Nous en sommes au 19ème jour depuis le début des vendanges ! Encore quelques jours de courage pour terminer ce millésime en beauté.

dimanche 10 octobre 2010

Les vendanges 2010 - Dimanche 10 10 10!

Température douce (17°C) mais ciel bouché, du gris, du gris et de la pluie. On aurait presque envie de chanter pour éviter le blues (essentiellement dû à la fatigue et au manque de luminosité !) : « toute la pluie tombe sur nous » ou encore « il pleut, il pleut bergère » !
Enfin, Emilie et moi avons droit à une grasse matinée : nous débutons à 9h à Villegeorge. Nos 4 cuves se gouttent particulièrement bien ; les sourires sont sur tous les visages. Programme léger aujourd’hui pour Jean-Denis et Mickaël : deux remontages complets avec aération sur la dernière cuve qui est en début de fermentation ; deux demi aérations sur la 75hl qui commence à montrer des tannins « affirmés » mais n’est qu’à 1030 de densité : on aère le jus pour que les levures continuent leur mission et ne nous laissent pas de sucres non fermentés pour cause de mort prématurée !
A Duplessis, Habib nous accueille avec le sourire. Il est arrivé à 7h pour bien aérer les locaux et éviter un accident : les cuves sont en pleine fermentation et le taux de gaz carbonique est élevé. Nous faisons le point des cuves à refroidir : il faut ralentir la 150hl qui se prend pour une sprinteuse et vient de dépasser la cuve remplie avant elle. Si la fermentation alcoolique s’emballe, les levures risquent de mourir pas excès de température. Notre « chouchou », la 83hl a une couleur noire de jais, des arômes de fruits des bois, de truffe, un côté sauvage qui a beaucoup de charme et de personnalité. Elle contient nos très vieilles parcelles (plus de 60 ans), c’est déjà un assemblage de Cabernet Franc, de Petit Verdot et Merlot. Il y a si peu de récolte sur chacune de ces parcelles que nous ne pouvons pas les vinifier séparément. C’est notre super cuve, de l’extrait, du concentré. Elle est indispensable à l’équilibre du grand vin.
Nous terminons le tour des cuviers par La Tour de Bessan. Jean-Luc entame son troisième week-end de vinification ; il regarde le ciel avec un brin de vague à l’âme. Un peu de soleil, c’est mieux pour profiter de la journée ; c’est un jour pour faire la sieste entre le remontage du matin et celui de l’après midi !
Après la dégustation des cuves en fermentation ; nous montons au laboratoire déguster les cuves finies (ou presque) : il faudra attendre demain pour avoir un résultat analytique ; le laboratoire d’œnologie n’est ouvert que le samedi matin. Le reste du week-end, pas d’analyses !
Ensuite, nous partons avec Emilie faire le tour des Cabernets Sauvignon. Nous avons vite les pieds humides et nos pas font un bruit spongieux, étouffé par celui des coups de fusil (le médocain est chasseur et la trêve des vendanges n’existe pas !). Nous goûtons aussi les Cabernet Franc, qui évoluent très lentement cette année.
Comment établir un programme, en tenant compte de : notre personnel (de plus en plus restreint car nous avons au moins deux personnes en permanence dans chaque chais), les remorques (on ne peut pas ramasser à la main sur un site et à la machine sur un autre), le matériel (il faut changer le trieur de Duplessis). Et il faut aussi décider des capacités des cuves en tenant compte des rendements et des qualités de chaque parcelle. Plus on avance en vendange, plus les choix sont restreints !


Enfin, demain on ramasse la parcelle de Cabernet Sauvignon de Villegeorge qui est à point ; la troupe ne reprendra que mardi. On affinera demain matin le programme de la semaine.

Les vendanges 2010 - Samedi 9 Octobre : grand beau temps et petite pluie en fin de journée !

Dès 8h, il fait bon : plus de 16°C.
Aujourd’hui petites équipes : Jean-Luc est tout seul à La Tour de Bessan, il n’avait plus que la dernière cuve à remonter ; Romain prend son week-end et Hedi est venu à Duplessis préter main forte. A Villegeorge, ils sont deux mais ne vont pas travailler toute la journée : seulement quelques remontages sur les dernières cuves rentrées. C’est à Duplessis que nous ramassons. Thierry est là pour conduire lui aussi les tracteurs ; Tony, Daniel et Franck se relayent de la réception de vendanges à la vigne. Jean-Luc, viticulteur à Moulis et conducteur de machine, s’endort à moitié en faisant le plein de carburant, il a eu une longue journée hier. Michel, arrive, en décalé, avec une seconde machine. Le chantier débute avant 9h ; il n’y a pas de rosée sur le feuillage, il n’est donc pas utile d’attendre. Les rangs de la parcelle des Pins ondulent aux rythmes de batteurs de l’engin qui enjambent la vigne. Les raisins se détachent facilement, abandonnant leurs rafles sur les pieds. Emilie est juchée sur la machine et regarde avec attention le travail effectué ; après un aller-retour la vitesse d’avancement est fixée : il faut la réguler au gré de la charge du pied.
Au cuvier, Habib est content de la qualité de la récolte mais moins de son trieur qui a du mal à passer à la vitesse supérieure. Heureusement, pas d’affolement, Tony puis Daniel se relayent pendant que Miloud aide Habib aux remontages.
Petit tour de contrôles dans nos parcelles de Cabernet Sauvignon afin de préparer le programme de la semaine suivante. Il semble que de la pluie soit annoncée pour lundi…à vérifier la veille, la météo sera plus précise.
Ce sera la semaine décisive : on espère que l’état sanitaire qui est parfait aujourd’hui le restera jusqu’à la fin de la récolte.


En fin de journée, nous avons rempli deux cuves de Merlot et ramassé 3 hectares. Une fine pluie s’installe alors que les machines rentrent pour le lavage et la désinfection ; nous sommes encore passés entre les gouttes !

samedi 9 octobre 2010

Les vendanges 2010 - Vendredi 8 Octobre : deux chantiers en même temps!

Il est 7h30, il fait encore nuit mais la température est douce : 16°C à Cantenac puis 14°C à Moulis où je retrouve Emilie. Habib est là, armé du détecteur de gaz carbonique qui « bip » (mais la valeur affichée n’est pas dangereuse, elle est en dessous de 1,5). Il a ouvert grand les portes du cuvier pour préparer l’espace à l’arrivée de Miloud, son neveu, avec qui il fait équipe cette année. Celui-ci vient de terminer ses études à l’IPC Vins et souhaite partir en Australie ou en Nouvelle Zélande, faire les vendanges dans l’hémisphère sud (en début d’année).
Petite dégustation : nous n’avons que deux cuves pour le moment ; toutes les deux carencées en azote. C’est lié au terroir argilo-calcaire. Il faut rajouter du sulfate d’ammonium car les levures, si elles manquent d’azote risquent de mourir avant la fin de leur mission : transformer tous les sucres fermentescibles en alcool. L’azote fait partie des facteurs de croissance de ces microorganismes qui sont très lunatiques ! Il faut les choyer, les bichonner, leur donner de l’azote au bon moment si le milieu en manque, de l’oxygène par le biais des remontages avec aération et éviter que les températures de fermentation dépassent les 30°C. Les levures sont spéciales, elles fabriquent de l’alcool qui les tue, dégagent du gaz carbonique qui leur pose des soucis (elles sont aérobies : elles ont besoin d’oxygène) et leur activité fermentaire est exothermique : elle dégage de la chaleur !
La première cuve exhale un parfum délicieux de cassis (Habib ne goûte qu’avec l’odorat car il ne boit pas de vin et il a une finesse du sens olfactif telle que la mise en bouche n’est pas nécessaire), la seconde cuve est prometteuse, le fruit commence déjà à s’exprimer, notamment des arômes de framboise.
Par vagues successives, les vendangeurs arrivent. Thierry prend les dernières instructions, nous pose quelques questions et part rassembler ses troupes.
Passage au bureau : il faut faire le café ! Emilie s’en occupe tandis que j’ouvre les volets. Viviane nous manque ; son sourire accueillant nous fait défaut. J’en profite pour brancher mon ordinateur, répondre à quelques mails avant de partir vers Villegeorge où Jean-Denis nous attend. Pendant que nous dégustons, les remontages tournent ; celui de la cuve de la veille tourne sans aération (rentrée hier et levurée le soir, la cuve ne « dégaze » pas encore, la fermentation est à peine commencée).
Nous faisons le point sur les résultats des prélèvements faits par Jean-Denis et Mickaël ; prélever consiste à ramasser quelques grains de raisins sur l’ensemble d’une parcelle puis analyser le jus après pressée manuelle de cet échantillon représentatif. Nous mesurons la quantité de sucre (qui nous donne le degré potentiel) puis l’acidité totale. La couleur du jus est aussi importante, c’est un signe de maturité. Cela nous guide pour décider de l’ordre de ramassage des parcelles.
Troisième station à La Tour de Bessan : passage en revue de nos cuves ; le nombre de remontages s’amenuise. La réception est fin prête pour accueillir les Cabernets Sauvignon.
En fin de journée, bilan de la vendange :
Une cuve de 83 hl à Duplessis, remplie de très belles parcelles de vieilles vignes ; tous petits rendements : nous faisons des paris sur les volumes ramassés. Thierry a une équipe réduite : 6 personnes en moins aujourd’hui. Il fait chaud dans l’après-midi quand les vendangeurs arpentent la parcelle du Chalet ; les conversations se font rares, la fatigue se fait sentir.
A La Tour de Bessan, nous avons rempli une cuve de 150hl de Cabernet Sauvignon ; la dernière remorque arrive vers 18h30.
Nous avons aussi des visites, celle d’acheteurs chinois amenés par Jean-Luc, viticulteur dans l’Entre deux Mers (venu entre le ramassage de ses Merlots et de ses Cabernets !) puis celle de Rémi, arrivé sans rendez-vous, en voisin, finaliser de visu les négociations d’achat, déjà bien avancées par mails interposées. Il représente notre partenaire privilégié et nous tombons d’accord au bout de quelques minutes : chacun faisant un pas pour que ce lien profite aux deux parties.
Une journée bien remplie et un temps magnifique.

Le soleil est déjà en train de se coucher quand les lumières du cuvier s’éteignent.

jeudi 7 octobre 2010

Les vendanges 2010 - Jeudi 7 Octobre : encore du Merlot à Margaux !

Un petit point matinal à Benqueyre Logistique avant de démarrer une journée ensoleillée.
A 8h, tout le monde est sur le pont à La Tour de Bessan, sauf Romain qui a eu droit à un jour de repos (il en profite pour préparer le café des vendangeurs).


Revue des cuves : la première part à l’analyse, sa densité continue à baisser ; la seconde, qui n’a plus de sucre, est tannique mais elle s’est affinée depuis la veille, les N°3 et 4 s’améliorent, la 75/48 est dans une phase ingrate ; la cuve suivante referme ses arômes, il faut agiter les verres pour la faire s’exprimer ; le rosé poursuit sa fermentation ; et notre cuve de Cabernet Sauvignon est plus que prometteuse : deux demi- remontages et on n’y touche plus jusqu’à l’écoulage.
Passage à Villegeorge pour déguster les trois cuves : les deux premières se structurent joliment, la troisième fermente doucement et exhale de délicieux arômes de fruits des bois ; elle promet !
Troisième étape à Duplessis : deux cuves en dégustation ; nous faisons connaissance avec celle qui a été remplie la veille : du bon jus de raisin pour le moment. Habib nous rappelle qu’il préfèrerait des vannes à boules plutôt que des vannes papillons : il s’agit des robinets des cuves ; effectivement, le second modèle est nettement plus pratique pour les vinifications. Encore une amélioration technique à apporter, qui facilitera les premiers remontages.
Passage au bureau pour quelques travaux administratifs avant de repartir pour La Tour de Bessan où j’ai un rendez-vous à 10h. Emilie G. de La Passion des Terroirs vient avec un client chinois, je fais la connaissance d’un couple qui parle parfaitement français. Nous faisons un tour du chai pour présenter la propriété et ses choix techniques, puis revenons en salle de dégustation pour leur faire découvrir les millésimes 2006 et 2007 de Château La Tour de Bessan et Château de Villegeorge puis terminons par Château Duplessis 2007 (notre seule propriété sur terroir argilo-calcaire). Les vins se présentent bien, nos hôtes posent des questions pointues, et prennent des photos (ma tenue de vendange est très peu protocolaire !).
Retour à Villegeorge pour voir passer la dernière benne de la matinée ; Jean-Denis est satisfait de la qualité de la récolte. Thierry et Elisabeth nettoient les paniers et Franck la remorque, avant de faire une pause pour le déjeuner.
Le ciel est bleu, il fait déjà chaud : 25°C !
L’après-midi est estivale. Les vendangeurs souffrent de la chaleur mais le bonheur se lit sur leurs visages et l’ambiance est détendue : on prévoit de mettre Thierry dans la benne en fin de vendange ! Cela fait partie des traditions, mais en général, notre chef de culture (grand sportif) ne se laisse pas attraper comme cela.
A la fin de la journée, nous avons rentré une cuve supplémentaire et enfin fini les merlots sur graves.
Retour demain à Moulis pour vendanger les vieilles vignes de Cabernet Franc et de Merlot.