lundi 4 octobre 2010

Le Fouquet's au cœur des vendanges

« Attention à ne pas mettre les feuilles avec le raisin », dit Pascale, lingère de métier qui, aujourd'hui, trie les baies. Elle parle à Jérôme, directeur financier de l'hôtel Fouquet's Barrière, porteur de hotte pour l'occasion. Pour la deuxième année, le palace parisien et Marie-Laure Lurton, vigneronne médocaine, sont partenaires d'une opération de soutien en faveur du reboisement de la forêt des Landes.
Pierre Ferchaud, directeur général de l'hôtel Fouquet's Barrière, explique la démarche : « Outre son but caritatif, les Vendanges du Fouquet's sont conçues comme un projet écologique, humain et social. Il offre l'occasion aux salariés des entreprises partenaires d'échanger leur savoir-faire, en dehors de toute notion hiérarchique, et de tisser des liens qui permettent ensuite, sur notre lieu de travail, d'affronter les difficultés. »
Reboisement des Landes
L'année dernière, c'est au château Villegeorge - AOC Haut-Médoc - à Avensan qu'ont eu lieu Les Vendanges du Fouquet's. Le vin qui en est issu, mis aux enchères, a permis de récolter 50 000 euros. Cette somme servira au reboisement de la forêt des Landes et à la recherche sur la biodiversité. Le président de la CdC du Gabardan, le conseiller général et d'autres élus de la Communauté de communes étaient présents samedi avec les employés du Fouquet's, et les locaux qui travaillent dans les vignobles du château La Tour de Bessan, autre propriété de Marie-Laure Lurton, soit une trentaine de personnes.
Point de sécateurs en or pour couper les grappes, pas plus que tee-shirt et tabliers ne portaient la griffe d'un grand couturier. Pas de « bling-bling » en somme. Les postes étaient occupés en fonction des souhaits et de la morphologie de chacun : les plus costauds et les plus habiles étaient porteurs. Il y eut bien quelques coupures et quelques heurts mais qui n'occasionnèrent que des plaies bénignes.
Au bilan, 1 à 2 hectares ont été vendangés, 9 tonnes de raisin récoltées, ce qui devrait produire 60 hectolitres de château-la-tour-de-bessan, cru bourgeois AOC Margaux millésime 2010. Il y a une suite à ces vendanges ; Marie-Laure Lurton nous la dévoile : « Le 6 décembre, à l'hôtel Fouquet's, se tiendra la soirée de vente aux enchères du Fouquet's. »
« Il sera procédé à la vente de la récolte 2010 du château La Tour de Bessan avec, en exclusivité, de prestigieux grands contenants. Plus de 1 500 flacons seront proposés aux enchères. »
Sud Ouest, par Louis Le Cor

dimanche 3 octobre 2010

Les vendanges du Fouquet's et du Pays du Gabardan au Château La Tour de Bessan

Il est 8h, le premier samedi d’octobre, nous attendons l’équipe du Fouquet’s Barrière (qui a passé la nuit dans les Landes) ainsi que huit représentants du Pays du Gabardan. Le petit déjeuner, préparé par Emilie Van Maele et Viviane, les attend dans la salle de dégustation.
Emilie et moi profitons du retard de nos hôtes pour faire la revue de nos cuves: dégustation de chacune d'entre elles avec Jean-Luc; le programme de remontages est prêt quand nos partenaires de la journée arrivent.
Un léger contretemps (un roulement de notre conquet à vendange menace de céder), nous amène à retarder le programme. A 9h15, notre vaillante troupe se rapproche à pied de la parcelle de Cabernet Sauvignon qui se trouve au fond de la Verdotte. C’est une de nos meilleures parcelles, la plus précoce pour ce cépage. Un arrêt devant la façade de notre salle de dégustation pour prendre une photo : nos polos oranges qui portent les logos du Fouquet’s et de La Tour de Bessan sont arborés avec fierté par tous les participants. Notre équipe est donc confortée par ces 28 partenaires ; hormis l’équipe du palace parisien, trois personnes de Ricoh (notre généreux sponsor de l’édition 2009) accompagnent Corinne Grapton, charmante et dynamique représentante de la direction. Nicolas Ricat, du Groupe Lucien Barrière, arrive en milieu de matinée par ses propres moyens. C’est lui qui nous a mis en relation avec Serge Jourdan, président de la communauté de communes du Gabardan ; il a une maison secondaire dans les Landes et connaît bien le maire de Losse pour participer régulièrement aux fêtes locales (une activité très prisée sur ce territoire !). Puis nos marraines, Nora Barsali (qui nous a soutenus pour la première édition) et Yolaine de la Bigne (rédactrice en chef de Néoplanète) nous rejoignent en début d’après-midi.

Pierre Ferchaud (qui a succédé à Eric Boonstopel à la direction générale de l’Hôtel Fouquet’s Barrière,) se révèle un vendangeur assidu. C’est aussi l’occasion pour lui de faire mieux connaissance avec une partie de sa nouvelle équipe.
A 12h30, deux bennes sont déjà rentrées au cuvier ; nous partons pique-niquer dans le parc de Brane avec la bénédiction de mon frère Henri et de mes parents. Le ciel est bleu, le soleil brille, tout le monde apprécie l’ambiance détendue. Romain distribue les amuses bouches tandis que Jean-Denis sert le champagne offert par Pop Earth qui soutient notre action. Chacun se voit distribuer un panier, en bois cette fois ci ! Il contient le pique-nique préparé par l’Officier de Bouche.
A 14h, les participants réclament  la reprise du travail ! Nous attendons quelques minutes l’arrivée des marraines puis la troupe repart pleine d’entrain. Les coupeurs s’activent, certains profitent de ces instants en pleine nature, pour garder le silence, d’autres parlent, s’interpellent. Tout le monde s’entraide ; il y a plusieurs personnes dans chaque rang et le chantier avance avec entrain. Certains contrôlent le tri sur la remorque et réprimandent avec bonne humeur les coupeurs qui mêlent feuilles et reverdons (ces petites grappes acides qui poussent en haut des rangs) aux belles grappes mures.
Il est 17h quand la récolte s’arrête : la  6ème benne est pleine. La cuve 85/51 est quasiment remplie. Notre troupe aura passé 5h30 à travailler ; les courbatures se font sentir, surtout chez les parisiens !  On repasse au cuvier, les curieux posent des questions à Jean-Luc, suivent le parcours du raisin jusqu’à la cuve, jettent un œil intéressé aux fiches de fermentation. Puis Nicolas, notre photographe attitré, prend une photo de groupe dans le cuvier avant que de l’on se sépare momentanément.

Il est 20h30, tout le monde s’est mis sur son trente et un pour fêter au Château Desmirail la fin de cette magnifique journée. Mon frère Denis, qui a porté la hotte toute la journée à nos côtés, nous héberge dans sa belle salle de réception. C’est l’échange des cadeaux : Jérôme offre un somptueux bouquet de la part du Fouquet’s Barrière  à Yolaine, Corinne et moi. Emilie, aidé de mon époux et de Bruno David (directeur de La Passion des Terroirs et lien originel entre Christian Rossi et moi-même) distribuent les magnums de Tour de Bessan à tous nos vendangeurs du jour. Les yeux brillent, les sourires sont sur tous les visages, les conversations vont bon train. Jacques Boissenot, notre œnologue conseil est venu avec son épouse ; il nous a aidé à assembler la cuvée de Villegeorge 2009 réalisé avec les vendanges du Fouquet’s.
Après le champagne, nous passons à table. Chaque partenaire s’exprime : on sent l’émotion, le bonheur d’être ensemble. Pierre Ferchaud prend la parole avec chaleur: il parle d’amour, de passion. Ce sont véritablement des élans humains, des rencontres qui nous ont permis de construire ensemble cet incroyable partenariat. Mon voisin de gauche, Serge Jourdan, n’en revient pas : pourquoi nous avoir choisis? Il semble ébahi par l’ampleur de la tâche. Cet homme droit, nous a conquis ; maire d’une commune de 300 habitants (depuis 1977), il est devenu Président de la Communauté des Communes de Gabardan. La majorité des maires se sont rassemblés autour de ce projet : la plus grande ferme photovoltaïque d’Europe (300ha !) établie sur des sols infectés par le fomès, un champignon qui détruit le pin. Michel Herréro, conseiller régionale des Landes, qui est là avec nous, m’a expliqué la veille le combat de cette communauté de communes pour défendre son territoire et assurer la survie de ces villages. Voyant que les poutres qui tenaient les panneaux photovoltaïques venaient de Roumanie, nos landais n’ont eu de cesse d’utiliser le pin des Landes et de faire venir des ateliers de transformation pour adapter le bois à sa nouvelle destinée. Désormais, afin de sortir du cercle infernal, ils souhaitent développer leur zone d’activités afin de créer des emplois en vue de passer la population de 3 500 à 5 000 habitants. Ces hommes, fiers de leur culture, ont décidé de prendre leur destin en mains. Ensemble, quelles que soient leurs couleurs politiques, ils ont choisi de s’unir pour leur terre. Chapeau bas ! Serge nous invite officiellement à la plantation des premiers arbres pour la sainte Catherine en 2011.
La vente aux enchères de notre dernier né (la récolte 2010) est prévue le 6 Décembre ; nous profiterons de l’occasion pour programmer une réunion de travail. Ce sera l’occasion de voir notre nouveau parrain, Philippe Faure Brac, meilleur sommelier du monde. Chacun souhaite être fidèle à son engagement, notre partenariat tri partite fonctionne. La rencontre du monde rural (le Médoc et le Gabardan) et du monde du luxe parisien (l’Hôtel Fouquet’s) se passe dans la joie et la bonne humeur. Le diner se termine par une dégustation d’Armagnac millésimé. Jean Paul ne résiste pas à la tentation et ce n’est pas le seul !

Et le moment de se séparer arrive, trop tôt ! On s’embrasse avec affection. Quelle merveilleuse journée et quelle superbe aventure à construire ensemble!

samedi 2 octobre 2010

Les vendanges 2010 - Vendredi 1er Octobre

PHOTOS NICOLAS TUCAT - ABACA PRESSE
Il est 8h, il fait 11°C à Villegeorge, Emilie et moi retrouvons Jean-Denis pour déguster les deux cuves de 2010 ; la 100H n°22 a un goût de fraises fraiches écrasées, la 150H N°29, levurée la veille semble déjà prometteuse à la couleur. La première candidate aura droit à deux remontages d’aération et la seconde subira une homogénéisation puis une aération dans l’après-midi.
 Ensuite c’est à Tour de Bessan que se passe la revue des cuves ; l’évolution est satisfaisante et chaque cuve se goutte mieux que la veille. Le programme est défini avec Jean-Luc.
Quelques consignes griffonnées sur un papier pour Emilie Van Maele qui va préparer la venue le lendemain de l’équipe du Fouquet’s et il est temps de partir à la gare récupérer Monsieur Pierre Ferchaud, leur nouveau directeur. Passés les travaux et les embouteillages, j’arrive légèrement en retard. Nicolas Tucat notre photographe « attitré » (il a réalisé le reportage de nos vendanges à Villegeorge l’an dernier) est aussi du voyage. Il nous faut 1h30 pour atteindre le Gabardan où nous sommes attendus par l’équipe du Fouquet’s arrivée la veille. Nous sommes accueillis avec convivialité par Jean et sa charmante épouse de la Ganaderia de Buros. Après un peu d’histoire, juché sur des échasses, notre hôte nous convie à prendre l’apéritif. Le déjeuner à l’accent du pays ! Une salade landaise, suivie d’une viande de taureau mijotée aux pommes de terre. Le tout accompagné d’un verre rouge du Domaine de l’Espérance (assemblage réussi de Tannat à 20% et de Merlot). Après le fromage, une tourtière à l’armagnac et sa glace (à l’armagnac également), clôturent ce généreux repas.
Ensuite moment historique, nous signons à trois la convention de partenariat : Pierre Ferchaud, Serge Jourdant (président de la communauté des communes du Gabardan et maire de Losse) et moi-même. Un énorme chèque de 49 900€ symbolise le versement de notre première récolte (millésime 2009 à Villegeorge). Les discours se succèdent avec le souci de mettre en avant ces rencontres humaines qui ont donné le fruit à ce partenariat. Je rappelle la rencontre avec Christian Rossi, directeur des achats du Fouquet’s il y a quelques années à Vinexpo. Puis notre diner avec une équipe qu’il emmenait visiter le Médoc et que nous avons reçus à la maison. La volonté commune de faire quelque chose ensemble, ce sera des vendanges, pourquoi et pour qui ? Il fallait donner un sens à cette entreprise construite autour du développement durable. Nous avons décidé, après la tempête de Janvier 2009, que nous participerions à la reforestation des Landes. Beau projet !

vendredi 1 octobre 2010

Les vendanges 2010 - Jeudi 30 Septembre

La température matinale est plus élevée : 16°C mais la pluie de la nuit a mouillé le vignoble. Les moustiques attaquent dès 8h quand nous faisons le point avec Thierry et les chauffeurs de tracteurs.
  A Villegeorge, nous dégustons notre première cuve, la numéro 22 : elle est fruitée et riche en sucre (on dépasse allégrement les 13° !). Jean-Denis l’a levurée la veille, elle était à 17°C. La fermentation démarre doucement et les deux remontages sans aération (un le matin et le second en milieu d’après midi) lui amènent une couleur de plus en plus intense.
Nous allons ensuite à La Tour de Bessan où Jean-Luc a prélevé chaque cuve après avoir relevé densité et température. Notre première cuve donne des signes de faiblesse (la densité baisse mais la courbe est moins pentue), après dégustation, nous décidons de prendre un échantillon pour analyse : celle-ci nous rassure, elle ne montre aucun signe d’altération, l’acidité volatile est très basse, l’acide malique est toujours présent ; nous voilà rassurés. La cuve N°2 est à 1014, on stoppe toute intervention (plus de remontages du tout) ; elle garde ce goût très particulier de fruits des bois. Les dernières cuves rentrées, encore à l’état de jus en fermentation, détonnent par rapport aux premières. Mais dans quelques jours, n’en doutons pas, elles rattraperont leur retard.
C’est le jour du rosé, les premières bennes arrivent en fin de matinée ; il a fallu attendre que la vigne soit sèche. Jean-Luc est un peu inquiet : après pressurage il trouve les jus un peu foncés par rapport à l’an dernier. Que va dire Emilie ? En fin de journée, nous goûtons le jus trouble, il est en train de débourber ; notre spécialiste en rosé est fort satisfaite. Tout va bien !
A Villegeorge, nous avons rentré une deuxième cuve : les Merlots de Ludon ; il a fallu ajuster le nombre de remorques. Thierry, Jean-Claude et Jean-Denis ont dû se concerter : il en fallait 8, ni plus ni moins. On a réussi à remplir la cuve et finir la parcelle.

Une journée s’achève : les deux chais effectuent le nettoyage et tout le monde repart chez soi à une heure décente. Déjà une semaine de ramassage.

jeudi 30 septembre 2010

Les vendanges 2010 - Mercredi 29 Septembre

Il est 7h15, une légère buée couvre le pare-brise. Le thermomètre annonce 10°C, il fait légèrement plus chaud qu’hier.
Un bref passage à Benqueyre pour récupérer des étiquettes et faire le point des habillages en cours. Serge, Sandrine et Bruno sont au travail dès 7h30 pour affiner le programme de conditionnement.
A 8h, Jean-Luc et Hedi arrivent pour assurer les remontages à La Tour de Bessan aidés de Romain qui est en apprentissage. Il prépare un Bac Pro à Blanquefort mais connait déjà les équipes permanentes car il a participé aux travaux en vert (épamprage, effeuillage) et aux vendanges 2009.
Jean-Luc relève les densités et les températures de chaque cuve. Ensuite avec Emilie, nous goûtons tous les trois les échantillons qu’il a prélevés. La cuve 1 est moins expressive sur le plan aromatique, elle semble plus souple qu’hier ; la numéro 2 garde son goût « sauvage », fruits des bois, épices ; la 4 semble un peu fade, deux remontages d’aération lui seront prodigués ; la 5, plus prometteuse aura droit au même traitement. La 7 et la 8, rentrées la veille, sont encore au stade de jus de fruits. Elles vont être levurées dans la matinée, et démarrerons la fermentation alcoolique à basse température (17°C).
Nous partons à Villegeorge voir la troupe qui ramasse la plante de la Bâche. Nous leur portons le café, pour la pose traditionnelle du milieu de matinée. Nous soignons nos équipes : le travail est dur, les vignes basses et nos méthodes exigeantes. Chaque année, les habitués reviennent et amènent famille et amis. Thierry, notre chef de culture, gère le recrutement et dirige la troupe pendant toute la période des vendanges. C’est un maillon indispensable au bon fonctionnement de cette récolte manuelle. Il est rentré dans l’entreprise en 1994, c’est un pilier de l’encadrement sur lequel j’ai toujours pu compter. Il sait se faire respecter tout en gardant une bonne ambiance au sein de la troupe : le travail est fait avec goût et bonne humeur.
Au cuvier, pas loin de l’église d’Avensan, Jean-Denis et Mickaël réceptionnent la vendange. Les bennes vibrantes alimentent directement le fouloir-érafloir. Il faut être précis en reculant la remorque (Franck, dont c’est les premières vendanges, recule avec attention, aidé par Jean-Claude qui est un chauffeur habitué et compétent) ; cela prend plus de temps de vider les bennes et parfois les coupeurs attendent entre deux voyages. « Je préfère que la troupe fasse une pause et que la charge passe dans de bonnes conditions » me dit Emilie, satisfaite de la qualité des raisins. Je l’approuve totalement.
A 14h, les vendangeurs ont fini le programme de ramassage et rentrent chez eux : la semaine de travail est terminée.
Dans le même temps, Emilie Van Maele et moi, accueillons un groupe de touristes américains amenés par Pascale Bernasse, the French Wine Explorers (www.wine-tours-france.com). Wendy Narby, qui connait parfaitement le vignoble bordelais, les accompagne. Très studieux, ces visiteurs écoutent avec attention nos explications sur la vinification. Le matin, ils étaient à Paloumey (chez mon amie Martine Cazeneuve) où ils ont coupé les raisins ; après le déjeuner sur place, ils sont venus découvrir une seconde propriété des Médocaines : Château La Tour de Bessan. Après la démonstration d’un remontage avec aération par Hedi et Romain, nous passons à la dégustation des moûts en fermentation. Etonnant ! Ils ont du mal à imaginer cette boisson noire, sucrée et légèrement pétillante, comme les prémices d’un vin!
De retour en salle de dégustation, ils dégustent le millésime 2006 ainsi que les vins des deux autres Médocaines : Château Loudenne (Florence Lafragette) et Château du Taillan (Armelle Falcy-Cruse). Une équipe reste une équipe : 4 femmes et 4 vins !
Demain, nous ramasserons à la machine ; en particulier quelques cabernet sauvignons pour faire notre vin rosé : bébé d’Emilie qui le destine à sa clientèle normande ; sa qualité en 2009 nous a amené d’autres marchés ; il est prévu d’augmenter un soupçon le volume (il reste largement en dessous de 3 000 cols !)



mercredi 29 septembre 2010

Les vendanges 2010 - Mardi 28 Septembre

C’est notre quatrième jour de vendange. Il fait froid ce matin malgré le ciel bleu. La troupe est toujours sur le plateau d’Arsac pour ramasser les jeunes vignes de Merlot : la 3 bis, la N°4.
Les premières bennes arrivent à 5°C, pour atteindre 20°C en fin de matinée. La récolte est saine mais plus abondante sur ces parcelles. Nous finissons notre seconde cuve de 150hl, et passons sur une 75hl. En début d’après-midi, nous changeons de commune : on ramasse à Soussans près de la tour du XIIIème siècle qui donne son nom à notre cru. On vendange une très bonne parcelle (elle rentre année après année dans le grand vin), La Pompe ; elle est mûre, saine et vient remplir une cuve de 60hl, la numéro 8.
Les premières cuves sont en pleine fermentation : elles dégagent du gaz carbonique. Il faut être très vigilant car ce gaz inodore est toxique pour l’être humain. Comme le cuvier est semi enterré, nous avons installé un système de contrôle automatique du CO2. Deux capteurs mesurent en permanence le taux de gaz ; ils sont installés en partie basse car c’est là où ce produit de fermentation des levures, plus lourd que l’air, s’accumule. Le matin, comme le cuvier est totalement fermé la nuit, la ventilation est à plein régime : l’air se renouvelle automatiquement grâce à de puissants ventilateurs disposés sur les côtés et sur le sommet du cuvier. Si le seuil de toxicité est dépassé, une alarme sonore se déclenche, son bruit est intolérable et tout le monde est obligé de fuir à l’extérieur du bâtiment : les tympans vibrent, ce qui est insupportable.
Nos dégustations quotidiennes nous permettent de suivre avec précision l’évolution de la fermentation alcoolique et les effets de la macération. Les tannins de notre première cuve semblent durs malgré la grande quantité de sucre qui n’est pas encore fermentée. Nous décidons de limiter les interventions (deux demi-remontages) ainsi que la température (25°C).
La cuve numéro 2 garde sa typicité et son goût de fruits sauvages, les tanins sont à peine perceptibles. Elle a devancé la cuve numéro 1 : sa densité est plus basse du fait d’une fermentation alcoolique plus rapide. Notre cuve N°3 est très aromatique ; c’est notre chouchou ! On attend beaucoup de cette parcelle, va-t-elle répondre en retour ?
A Villegeorge, Jean-Denis et Mickaël sont prêts. On leur annonce que la vendange arrive demain : la plante de la Bâche est à point, on devrait faire une cuve de 100hl dans la journée.
Il est 18h30, Emilie et moi regardons attentivement les résultats des derniers contrôles de maturité. Nous échangeons nos points de vue ; l’évidence pour nous est bien celle-là : il faut arrêter la troupe après les Merlots de Villegeorge. Ceux de Duplessis ne sont pas tout à fait mûrs et les parcelles de Soussans (Margaux) sont à attendre, ainsi que la Vieille vigne de Villegeorge. Demain, il faut mettre le frein : difficile à comprendre pour nos équipes qui sont lancées. Cela demande parfois de l’énergie pour arrêter le train en marche ! Mais c’est pour la bonne cause : ramassons quand le raisin est mûr, ni trop tôt, ni trop tard.



mardi 28 septembre 2010

Les vendanges 2010 - Lundi 27 Septembre

Il n’est pas 8h quand les chauffeurs arrivent : Tony, Daniel et Franck se frottent les mains, leurs souffles s’échappent en buée ; il fait froid : 7°C !
La troupe de vendangeurs est en pleine forme : le week-end leur a fait du bien. Ils ne feront qu’une bouchée de la parcelle N°5 (encore du Merlot, bien sûr). Les bennes se succèdent : 14 dans la journée. Nous menons 14 rangs, soit 28 coupeurs et 7 porte-hottes. Deux personnes sont au tri : la table est posée sur la benne à vendange ; à part quelques baies abimées par le soleil, la récolte est belle. Nous remplissons notre première cuve de 150hl et en entamons une seconde.
La dégustation des premières cuves, en pleine fermentation, laisse percevoir les tannins. Nous préférons jouer la prudence et limiter les remontages : deux demi-remontages avec aération nous semblent suffisants. Le rapport marc/jus est inversé : petites baies, beaucoup de peaux et peu de jus. Les températures de macération seront limitées à 26°C.

Les petites cuves de 100hl offrent aussi une surface de macération importante : nous préférons jouer avec la durée de macération ; les tannins vont s’extraire au cours du temps, en douceur, ils seront plus qualitatifs. Il faut aussi faire attention aux degrés élevés : à 14°d’alcool les tannins passent plus facilement dans le jus.
Nous continuons à suivre le vignoble : quelques prélèvements sur Ludon. Les baies ont grossi depuis une semaine ; la maturité approche, encore quelques jours avant la vendange.

Une escapade à Brane Cantenac où mon frère Henri a investi dans une nouvelle réception de vendanges. Les bennes vibrantes sur coussins d’air font un travail fantastique : les raisins sont parfaitement respectés ; Il n’y a pas du tout de jus au fond de la remorque et le tri semble presque inutile. Après l’éraflage, les baies sont triées par une machine électronique : une soufflerie éjecte les grains non conformes (peaux abimées, raisins verts, morceaux de rafles…) ; la vitesse est vertigineuse et le résultat étonnant.
Emilie a les yeux qui brillent : une petite commande pour l’an prochain ! Gardons la tête froide ! Enfin, il est vrai que quelques bennes vibrantes ne seraient pas superflues !


A La Tour de Bessan, la journée se finit plus tôt : l’équipe de nettoyage (Romain et Franck) s’active autour de la zone de réception et finit son travail à 18h15. Ils sont trempés mais satisfaits de leur journée !