vendredi 16 septembre 2011

LA TOUR DE BESSAN : 4ème jour des vendanges

Les nuits sont fraîches et le matin la température reste clémente : 14°C à 7h30. Nos « amis » les moustiques sont toujours aussi voraces, mais notre troupe garde le cap sous la houlette de Thierry, notre chef de culture.
Dans la matinée, nos Merlots d’Arsac sont tous rentrés et l’équipe part pour Soussans ramasser les deux parcelles de ce même cépage.
Emilie décide de ramasser ses essais de cépages plantés sur la parcelle du  Conservatoire à côté de notre lieu de production. Au plein pic du soleil et sous les piqûres vicieuses des moustiques, les deux Emilie et moi-même partons à l’assaut des trois rangs d’Arinarnoa. Ce cépage est issu du croisement du Merlot et du Petit Verdot réalisé en 1956 par Pierre marcel Durquéty, chercheur à l’INRA de Bordeaux  et basque d’origine (d’où le nom donné à ce cépage). Les grappes sont bien mûres, les peaux se délitent nous laissant des trainées rouges sang sur les mains. Nous mettons les paniers de raisins directement dans l’érafloir-fouloir et remplissons un des petits gardes vins acquis pour cette occasion. Demain, nous ramasserons les 5 autres cépages ; le Merlot ayant été ramassé auparavant. Notre but est de comparer l’intérêt de chaque variété plantée sur le même terrain.
En quatre jours, nous avons vendangé un peu plus de 9 hectares de Merlot.
Demain, nous commencerons les vendanges à Duplessis.

jeudi 15 septembre 2011

J3 CHATEAU LA TOUR DE BESSAN VENDANGES 2011

La nuit plus fraîche a fait du bien à la nature et aux humains. A 8h30, il fait 15° sur le plateau de graves d’Arsac où les troupes s’engagent avec dynamisme dans les règes. Les moustiques sont toujours là, tels des bataillons, ils partent à l’assaut des travailleurs. Nous sortons l’artillerie : un répulsif pour zones infestées ; il faut protéger nos troupes.

Ce sera la plus grosse journée pour nos vendangeurs, les remorques tournent rapidement de la vigne au chai. La troupe est en forme et ramasse deux fois plus de raisins que le premier jour ; il faut préciser qu’elle reste sur le même lieu et que les jeunes vignes de Merlot sont généreuses contrairement aux deux parcelles vendangées le premier jour, dont une avait été grêlée le 4 juin. Mais rendons honneur à leur travail, ils le méritent bien.
Nous remplissons donc deux belles cuves, pour finir la journée avec 5 cuves de Merlot. Les trois premières fermentent déjà : après avoir baissé leur température à 18°C, Jean-Luc les a levurées. Effectivement, nous choisissons cette méthode pour que la fermentation alcoolique démarre rapidement et se termine dans les meilleures conditions. Les premières analyses montrent des degrés honnêtes : 13°2 en moyenne et des acidités basses : 2,8 g/l ; mais on sait que celles-ci augmentent au cours de la fermentation alcoolique.
Le matin dès 8 h, nous avons goûté les trois premières cuves : les couleurs sont déjà soutenues, la première cuve présente des arômes de fruits rouges, aucun mauvais goût ne se fait remarquer sur ces jus. Nous avons hâte de découvrir plus précisément les caractéristiques du millésime.
Un tour de vignes avec Emilie de bon matin pour voir l’état des Cabernets Franc et Sauvignon : dans l’ensemble le millésime semble prometteur, la maturité progresse. Habib prélève à Duplessis et Jean-Denis à Villegeorge ; les analyses sont encourageantes : les degrés augmentent et les acidités baissent ; les Cabernets Sauvignon commencent à avoir bon goût.
Le nouveau-né pointe son nez ! Il sera différent des deux millésimes précédents sans aucun doute.

mercredi 14 septembre 2011

2ème Jour des Vendanges au Château La Tour de Bessan

Le 13 Septembre est une belle journée, chaude et ensoleillée, qui permet à notre troupe de vendanger tout en bronzant sous l’assaut des moustiques.
Le ramassage des plantes de Merlot se déroulent au rythme des bennes : 5 le matin et 4 l’après-midi. Sous la direction de Thierry, notre chef de culture, les coupeurs maintiennent le rythme que les porteurs assument, faisant le lien avec la table de tri où les mains féminines contrôlent l’état des raisins.
Nous arpentons le vignoble pour vérifier l’état sanitaire, effectuer des contrôles de maturité, goûter les baies. Le  plan de bataille se met en place.
Jacques Boissenot, notre œnologue-conseil, passe à 16h faire un point sur le millésime. Il rejoint l’analyse de Jean Cordeau, notre conseiller viticole, et rapproche le 2011 du 1976. A cette époque là,  je n’avais pas atteint la majorité et ne m’intéressait pas encore à la production.
Donc les conseils sont clairs : « attention aux fortes chaleurs qui dégradent rapidement la qualité du raisin, ne vous laissez pas gagner par le Botrytis ». Il faut donc avancer avec précision et rapidité, sans précipitation mais en choisissant minutieusement nos priorités .Nous étions très mal habitués par les derniers millésimes, aujourd’hui il s’agit de revenir au bon sens paysan et de se rappeler la maxime de Monsieur de La Fontaine : « un tien vaut mieux que deux tu l’auras ».

mardi 13 septembre 2011

LUNDI 12 SEPTEMBRE : 1er Jour des Vendanges 2011

Dès 8h30, notre vaillante troupe part à l’assaut d’une de nos meilleures parcelles de Merlot : la N°6 sur la commune d’Arsac. Attaqués de manière massive par les moustiques, nos vendangeurs ne se laissent pas intimider ; les hottes se vident avec régularité sur la table de tri où Elisabeth, Sandrine et Saïda (aidés de Daniel et des deux chauffeurs) éliminent les raisins verts ou rosés. La vendange est saine, le rythme de ramassage soutenu. La première benne arrive à 9h12, nous menons 14 rangs…
Le temps est sec mais chaud ; les températures des bennes vont de 18°C le matin à 28°C au plus fort de la journée. Jean-Luc, le maître de chais, refroidit les cuves dès l’encuvage.
Emilie et moi, arpentons les parcelles de Merlot susceptibles d’être ramassées : un point sur l’état sanitaire (quelques foyers de Botrytis attisés par la chaleur font leur apparition) et sur la maturité. Il faut bâtir un programme de vendanges cohérent.
En fin de journée, nous avons ramassé deux parcelles, soit 2,76 hectares et rempli deux cuves. Bravo à nos vendangeurs pour leur première journée !

lundi 12 septembre 2011

L’esprit d’équipe : Château de Villegeorge au marathon du Médoc

Samedi 10 Septembre à 9h30, après le survol de deux avions de l’armée de l’air, les 8 500 coureurs prennent le départ du « marathon le plus long du monde ».

Après une parenthèse en 2010, l’équipe de Château de Villegeorge, reprend du service ; cette année, nous ne sommes que 15, mais toujours unis par l’esprit de compétition et une amitié durable.
La veille, Jean Claude Bonnefons et son équipe à  La Boule d’Or, restaurant apprécié de Moulis,  nous ont servi des pâtes encore des pâtes et de la semoule. De quoi nous donner assez de réserve pour tenir les fameux 42,195 km.
Notre champion, David Antoine, est pris de crampes violentes à la moitié du marathon ; à son grand regret, il laisse passer son concurrent Thierry Guibaud, qui arbore les couleurs du Château Brane-Cantenac et finit deuxième avec courage et ténacité. Chez les féminines, c’est Stéphanie Briand, nouvelle recrue de Villegeorge qui remporte la première place et détrône l’incontournable Nathalie Vasseur (10 victoires à son actif). Encore une fois, l’équipe de Brane-Cantenac remporte le challenge des châteaux du Médoc devant Villegeorge.
Mais chacun des membres de l’équipe ont donné le meilleur d’eux-mêmes. Merci à tous : Les deux Eric, Jean-Jacques, Pascal, David, Habib, Stéphanie, Antoine, Joël, Nicolas, Sylvain et ses parents, Jean-Paul, notre sélectionneur ! et Alain et Viviane, pour leur soutien indéfectible.
Une soirée très amicale nous a réuni pour fêter la victoire de chacun fasse à un dépassement exceptionnel. Tout le monde garde en mémoire la beauté des paysages, les orchestres aux musiques entrainantes, la gentillesse des bénévoles, l’organisation sans faille, les costumes bariolés et originaux. On oublie les douleurs, les crampes, le désarroi, le désespoir pour ne conserver que ce tapis rouge qui mène à la victoire. Notre ami Christian, cela fait partie du rituel que nous apprécions tous, ponctue ce repas d’un discours plein d’humour et d’affection.
Je ne regrette pas mes 5h33 de course !

vendredi 9 septembre 2011

Dans la perspective des Vendanges!

2011 est une récolte prometteuse mais née sous une météo très excessive. Effectivement le printemps très chaud a accéléré la pousse de la vigne puis le temps frais et humide de juillet l’a ensuite ralentie. Cela reste une année précoce puisque nous donnerons le top départ lundi 12 septembre au Château La Tour de Bessan.
Trop chaud/ trop sec puis trop frais/trop humide, sans compter les nombreux orages de grêle dont nous avons réussi à sortir quasiment indemne : seule une parcelle de Merlot à Cantenac a été véritablement touchée par l’orage du 4 juin. Ces excès climatiques ont engendré des carences en particulier sur les zones calcaires de Duplessis où une parcelle de Cabernet Franc arbore un triste feuillage.
Si on note quelques rares foyers de Botrytis sur des zones plus chargées, la pourriture est malgré tout peu présente en dépit des conditions de chaleur et d’humidité élevées. On note un phénomène inhabituel : certaines grappes exposées à l’ouest présentent quelques  baies vertes dues au coup de chaleur arrivé fin juin juste après une période plutôt fraîche. Le tri sera donc de rigueur sur ces zones.
Sur le plan du potentiel de la récolte : après deux millésimes où les degrés naturels étaient très, voire trop élevés, nous revenons à des richesses en sucre normales. Les acidités ne seront pas pour autant élevées.
Les cabernets sauvignons devraient être plus homogènes que les merlots. Ils sont très prometteurs car ils ont plus de goût que ceux-ci.
En ce qui concerne les rendements, ils seront assez hétérogènes : bas sur les vignes âgées et généreux sur certaines jeunes vignes de Merlot.
Au vue des premiers contrôles de maturité, les raisins présentent une bonne richesse en anthocyanes et une bonne extractibilité des tanins. Les pépins sont nombreux mais de bonne maturité.
Selon les parcelles, il faudra peut-être corriger le rapport marc sur jus en faisant des saignées adaptées.
En attendant les vendanges, notre équipe du Château de Villegeorge va courir le marathon le 10 Septembre sous une chaleur torride !

lundi 1 août 2011

2011 : UN MILLESIME EN DEVENIR

Depuis le début du printemps, nos équipes assurent les travaux en vert dans le vignoble. De quoi s’agit-il ?



En premier lieu dès que les pousses apparaissent, nos vignerons enlèvent les bourgeons secondaires (un œil laissé à la taille peut donner plusieurs bourgeons fructifères), on appelle cette opération « le dédoublage ». Elle permet ensuite à la plante d’étaler sa récolte et d’en réduire la quantité afin d’assurer une meilleure maturité de la vendange.
Ensuite, quand les tiges poussent suffisamment, ils procèdent au premier levage : les rameaux sont regroupés à l’intérieur du palissage. Quand la hauteur est suffisante, ils effectuent ensuite le second levage en remontant les deux fils de palissage. Tout cela est fait en douceur pour ne pas casser des branches.
L’épamprage est aussi nécessaire : on enlève les rameaux en trop. Opération qui nécessite un certain savoir-faire et donc réservée à des ouvriers qualifiés qui assurent en hiver la taille.
L’effeuillage, cette année, a été particulièrement délicat compte tenu des conditions climatiques exceptionnelles des mois d’avril à fin juin : temps très chaud, beaucoup de soleil et une « quasi » absence de précipitations. Il faut tenir compte de l’exposition au soleil. En effet, les  faces de rangs exposées du côté du soleil levant ont moins de risque de grillure car le temps d’exposition est moins long et l’ardeur du soleil moins forte. Nous enlevons des feuilles pour faciliter la ventilation de la récolte (éviter l’humidité au niveau des grappes). C’est une mesure prophylactique pour éviter l’installation du champignon Bortrytis Cinerea responsable de la pourriture grise et, de plus, cela améliore l’efficacité des traitements dirigés sur grappes.
Et enfin, on fignole : une de nos parcelles de Cantenac, qui a tendance à produire un peu trop à notre goût, a subi une intervention ciblée de notre dernière équipe de travailleurs : Sandrine, Elisabeth, Mickaël, Alexandra et Hugo. Le 29  juillet, les derniers vignerons sont partis en vacances ; un repos bien mérité après des jours de travail en continu de 6h puis 6h30 (en fonction du soleil) à 13h.
La météo de ce nouveau millésime est marquée en premier lieu par la sécheresse et la chaleur jusqu’à la fin du mois de juin. Le 4 juin, un orage de grêle a frappé la zone de Cantenac, à des degrés divers, ravageant certains vignobles voisins. Nous attendons les conclusions des experts-grêle   des assurances, mais chez nous les pertes devraient tourner autour de 30%.
Juillet a été marqué par 2 semaines pluvieuses et une baisse des températures. Celles-ci sont remontées le 27, en douceur. Les nappes phréatiques n’ont pas repris leur niveau habituel malgré ces quelques précipitations.
La véraison a montré un ralentissement pendant la période de froid ; tout semble reparti depuis.
Les traitements ont été rares : essentiellement du cuivre contre le mildiou mais à faible dose étant donné la période sèche et du soufre pour combattre l’oïdium qui était notre principal ennemi pendant cette campagne. Jean Cordeau, notre conseiller viticole a inspecté le vignoble à plusieurs reprises. Il était très satisfait du travail  d’Emilie et des équipes de vignerons.
Tout va donc pour le mieux ; mais il faut garder la tête froide car les anciens tiennent beaucoup à ce diction : « c’est Août qui fait le moût ». Alors, il ne nous reste plus qu’à souhaiter que ce dernier mois de maturation apporte le soleil, la chaleur et d’éventuelles ondées pour favoriser notre futur nouveau-né.
Les photos publiées dans ce message sont prises par Elisabeth, et témoignent de son amour de la nature et la qualité de l’environnement de nos vignobles.