dimanche 10 octobre 2010

Les vendanges 2010 - Samedi 9 Octobre : grand beau temps et petite pluie en fin de journée !

Dès 8h, il fait bon : plus de 16°C.
Aujourd’hui petites équipes : Jean-Luc est tout seul à La Tour de Bessan, il n’avait plus que la dernière cuve à remonter ; Romain prend son week-end et Hedi est venu à Duplessis préter main forte. A Villegeorge, ils sont deux mais ne vont pas travailler toute la journée : seulement quelques remontages sur les dernières cuves rentrées. C’est à Duplessis que nous ramassons. Thierry est là pour conduire lui aussi les tracteurs ; Tony, Daniel et Franck se relayent de la réception de vendanges à la vigne. Jean-Luc, viticulteur à Moulis et conducteur de machine, s’endort à moitié en faisant le plein de carburant, il a eu une longue journée hier. Michel, arrive, en décalé, avec une seconde machine. Le chantier débute avant 9h ; il n’y a pas de rosée sur le feuillage, il n’est donc pas utile d’attendre. Les rangs de la parcelle des Pins ondulent aux rythmes de batteurs de l’engin qui enjambent la vigne. Les raisins se détachent facilement, abandonnant leurs rafles sur les pieds. Emilie est juchée sur la machine et regarde avec attention le travail effectué ; après un aller-retour la vitesse d’avancement est fixée : il faut la réguler au gré de la charge du pied.
Au cuvier, Habib est content de la qualité de la récolte mais moins de son trieur qui a du mal à passer à la vitesse supérieure. Heureusement, pas d’affolement, Tony puis Daniel se relayent pendant que Miloud aide Habib aux remontages.
Petit tour de contrôles dans nos parcelles de Cabernet Sauvignon afin de préparer le programme de la semaine suivante. Il semble que de la pluie soit annoncée pour lundi…à vérifier la veille, la météo sera plus précise.
Ce sera la semaine décisive : on espère que l’état sanitaire qui est parfait aujourd’hui le restera jusqu’à la fin de la récolte.


En fin de journée, nous avons rempli deux cuves de Merlot et ramassé 3 hectares. Une fine pluie s’installe alors que les machines rentrent pour le lavage et la désinfection ; nous sommes encore passés entre les gouttes !

samedi 9 octobre 2010

Les vendanges 2010 - Vendredi 8 Octobre : deux chantiers en même temps!

Il est 7h30, il fait encore nuit mais la température est douce : 16°C à Cantenac puis 14°C à Moulis où je retrouve Emilie. Habib est là, armé du détecteur de gaz carbonique qui « bip » (mais la valeur affichée n’est pas dangereuse, elle est en dessous de 1,5). Il a ouvert grand les portes du cuvier pour préparer l’espace à l’arrivée de Miloud, son neveu, avec qui il fait équipe cette année. Celui-ci vient de terminer ses études à l’IPC Vins et souhaite partir en Australie ou en Nouvelle Zélande, faire les vendanges dans l’hémisphère sud (en début d’année).
Petite dégustation : nous n’avons que deux cuves pour le moment ; toutes les deux carencées en azote. C’est lié au terroir argilo-calcaire. Il faut rajouter du sulfate d’ammonium car les levures, si elles manquent d’azote risquent de mourir avant la fin de leur mission : transformer tous les sucres fermentescibles en alcool. L’azote fait partie des facteurs de croissance de ces microorganismes qui sont très lunatiques ! Il faut les choyer, les bichonner, leur donner de l’azote au bon moment si le milieu en manque, de l’oxygène par le biais des remontages avec aération et éviter que les températures de fermentation dépassent les 30°C. Les levures sont spéciales, elles fabriquent de l’alcool qui les tue, dégagent du gaz carbonique qui leur pose des soucis (elles sont aérobies : elles ont besoin d’oxygène) et leur activité fermentaire est exothermique : elle dégage de la chaleur !
La première cuve exhale un parfum délicieux de cassis (Habib ne goûte qu’avec l’odorat car il ne boit pas de vin et il a une finesse du sens olfactif telle que la mise en bouche n’est pas nécessaire), la seconde cuve est prometteuse, le fruit commence déjà à s’exprimer, notamment des arômes de framboise.
Par vagues successives, les vendangeurs arrivent. Thierry prend les dernières instructions, nous pose quelques questions et part rassembler ses troupes.
Passage au bureau : il faut faire le café ! Emilie s’en occupe tandis que j’ouvre les volets. Viviane nous manque ; son sourire accueillant nous fait défaut. J’en profite pour brancher mon ordinateur, répondre à quelques mails avant de partir vers Villegeorge où Jean-Denis nous attend. Pendant que nous dégustons, les remontages tournent ; celui de la cuve de la veille tourne sans aération (rentrée hier et levurée le soir, la cuve ne « dégaze » pas encore, la fermentation est à peine commencée).
Nous faisons le point sur les résultats des prélèvements faits par Jean-Denis et Mickaël ; prélever consiste à ramasser quelques grains de raisins sur l’ensemble d’une parcelle puis analyser le jus après pressée manuelle de cet échantillon représentatif. Nous mesurons la quantité de sucre (qui nous donne le degré potentiel) puis l’acidité totale. La couleur du jus est aussi importante, c’est un signe de maturité. Cela nous guide pour décider de l’ordre de ramassage des parcelles.
Troisième station à La Tour de Bessan : passage en revue de nos cuves ; le nombre de remontages s’amenuise. La réception est fin prête pour accueillir les Cabernets Sauvignon.
En fin de journée, bilan de la vendange :
Une cuve de 83 hl à Duplessis, remplie de très belles parcelles de vieilles vignes ; tous petits rendements : nous faisons des paris sur les volumes ramassés. Thierry a une équipe réduite : 6 personnes en moins aujourd’hui. Il fait chaud dans l’après-midi quand les vendangeurs arpentent la parcelle du Chalet ; les conversations se font rares, la fatigue se fait sentir.
A La Tour de Bessan, nous avons rempli une cuve de 150hl de Cabernet Sauvignon ; la dernière remorque arrive vers 18h30.
Nous avons aussi des visites, celle d’acheteurs chinois amenés par Jean-Luc, viticulteur dans l’Entre deux Mers (venu entre le ramassage de ses Merlots et de ses Cabernets !) puis celle de Rémi, arrivé sans rendez-vous, en voisin, finaliser de visu les négociations d’achat, déjà bien avancées par mails interposées. Il représente notre partenaire privilégié et nous tombons d’accord au bout de quelques minutes : chacun faisant un pas pour que ce lien profite aux deux parties.
Une journée bien remplie et un temps magnifique.

Le soleil est déjà en train de se coucher quand les lumières du cuvier s’éteignent.

jeudi 7 octobre 2010

Les vendanges 2010 - Jeudi 7 Octobre : encore du Merlot à Margaux !

Un petit point matinal à Benqueyre Logistique avant de démarrer une journée ensoleillée.
A 8h, tout le monde est sur le pont à La Tour de Bessan, sauf Romain qui a eu droit à un jour de repos (il en profite pour préparer le café des vendangeurs).


Revue des cuves : la première part à l’analyse, sa densité continue à baisser ; la seconde, qui n’a plus de sucre, est tannique mais elle s’est affinée depuis la veille, les N°3 et 4 s’améliorent, la 75/48 est dans une phase ingrate ; la cuve suivante referme ses arômes, il faut agiter les verres pour la faire s’exprimer ; le rosé poursuit sa fermentation ; et notre cuve de Cabernet Sauvignon est plus que prometteuse : deux demi- remontages et on n’y touche plus jusqu’à l’écoulage.
Passage à Villegeorge pour déguster les trois cuves : les deux premières se structurent joliment, la troisième fermente doucement et exhale de délicieux arômes de fruits des bois ; elle promet !
Troisième étape à Duplessis : deux cuves en dégustation ; nous faisons connaissance avec celle qui a été remplie la veille : du bon jus de raisin pour le moment. Habib nous rappelle qu’il préfèrerait des vannes à boules plutôt que des vannes papillons : il s’agit des robinets des cuves ; effectivement, le second modèle est nettement plus pratique pour les vinifications. Encore une amélioration technique à apporter, qui facilitera les premiers remontages.
Passage au bureau pour quelques travaux administratifs avant de repartir pour La Tour de Bessan où j’ai un rendez-vous à 10h. Emilie G. de La Passion des Terroirs vient avec un client chinois, je fais la connaissance d’un couple qui parle parfaitement français. Nous faisons un tour du chai pour présenter la propriété et ses choix techniques, puis revenons en salle de dégustation pour leur faire découvrir les millésimes 2006 et 2007 de Château La Tour de Bessan et Château de Villegeorge puis terminons par Château Duplessis 2007 (notre seule propriété sur terroir argilo-calcaire). Les vins se présentent bien, nos hôtes posent des questions pointues, et prennent des photos (ma tenue de vendange est très peu protocolaire !).
Retour à Villegeorge pour voir passer la dernière benne de la matinée ; Jean-Denis est satisfait de la qualité de la récolte. Thierry et Elisabeth nettoient les paniers et Franck la remorque, avant de faire une pause pour le déjeuner.
Le ciel est bleu, il fait déjà chaud : 25°C !
L’après-midi est estivale. Les vendangeurs souffrent de la chaleur mais le bonheur se lit sur leurs visages et l’ambiance est détendue : on prévoit de mettre Thierry dans la benne en fin de vendange ! Cela fait partie des traditions, mais en général, notre chef de culture (grand sportif) ne se laisse pas attraper comme cela.
A la fin de la journée, nous avons rentré une cuve supplémentaire et enfin fini les merlots sur graves.
Retour demain à Moulis pour vendanger les vieilles vignes de Cabernet Franc et de Merlot.

mercredi 6 octobre 2010

Les vendanges 2010 - Mercredi 6 Octobre 2010: encore un blessé dans notre équipe!

Vendredi dernier dans la soirée, Emilie m’annonçait le forfait de Jean-Claude, notre chauffeur principal, victime d’une mauvaise chute chez lui dans la soirée. L’homme était furieux contre lui-même et souhaitait reprendre à tout prix mais son médecin lui a donné 15 jours d’arrêt.
Ce matin en allumant mon ordinateur, je trouve le message de Viviane (notre responsable administratif et comptabilité), elle m’annonçait sa chute hier en faisant son jogging (c’est aussi une marathonienne !) qui lui a valu une épaule cassée. Elle est arrêtée pour 45 jours ; il faut donc trouver une solution transitoire pour toutes les saisies de stocks, les factures et la paye (en particulier celle des vendangeurs !).
Le temps est au beau fixe et la température clémente ce matin (13°C), un beau lever de soleil éclaire la salle de dégustation de La Tour de Bessan où je suis seule face à mon ordinateur en attendant que les équipes arrivent. Petit temps de méditation dans le calme (seule la ventilation du cuvier qui chasse le gaz carbonique perturbe cet instant de douceur !).Emilie, Jean-Luc, Hedi et Romain arrivent ; les pompes se mettent en marche. Notre maître de chais mesure la densité et la température de chaque cuve avec attention et reporte les données avec soin (nous admirons tous sa belle écriture !). Quand tous les échantillons sont prêts, nous penchons notre nez sur notre verre, goûtons le jus en fermentation en le faisant rouler sur notre langue et en aspirant de petites bouffées d’air (ce n’est pas glamour du tout, mais efficace pour mieux ressentir les arômes et la texture du liquide). La première cuve montre des tannins bien présents : Jacques Boissenot, qui passe plus tard dans la matinée, la programme pour un écoulage la semaine prochaine. Ce sera le cas aussi de la seconde qui a terminé ses sucres. Encore un chantier à planifier tout en continuant les vendanges !
A Villegeorge, nous goûtons les trois cuves : arrêt progressif des remontages sur la seconde cuve ; la troisième démarre lentement sa fermentation alcoolique, elle est à 20°C. Sa couleur s’est intensifiée depuis hier ; ses arôme de fruits rouges envahissent le cuvier lors du remontage. Jean-Denis est satisfait de ses trois élèves ; nous lui annonçons la suite de la récolte pour le lendemain : encore des Merlots avant de passer aux Cabernets Sauvignon.
Duplessis ensuite, après un passage au bureau : il faut faire le café pour la troupe (moment important en ce milieu de matinée, petite pause conviviale, impossible à supprimer !). Nos vendangeurs ont « attaqué » (qui veut dire commencé et non agressé !) la parcelle des Pommiers, qui doit son nom au verger situé en bordure de rangs. Elisabeth et Katia sont au tri, Daniel surveille aussi la vendange avant d’amener la remorque au cuvier.
Habib a retrouvé son assistant, parti hier soir plus tôt pour cause d’études. Il a l’air très satisfait et détendu. Le tuyau de vendanges a changé de cuve ; il m’annonce que l’on remplit la 150/4 qui a déjà reçu une charge des Pommiers. Nous goûtons la N°1, remplie la veille ; sa couleur est prometteuse mais notre responsable de chais est un peu déçu. Nous le rassurons : sa couleur va se densifier de jour en jour, comme chaque année, pas d’inquiétude pour le moment.
Une halte au bureau puis je repars à Tour de Bessan faire le point avec Emilie Van Maele. Elle m’accueille avec un grand sourire: je pense que l’on pourrait lui décerner la palme pour son accueil !
Jean-Luc me fait le point après le passage de Jacques Boissenot du haut du conquet qu’il est en train de réparer aidé d’Alain de Brane Cantenac, un homme habile et irremplaçable pour les interventions de ce style. Hedi et Romain s’affairent aussi autour de cet élément indispensable pour la suite de nos vendanges.
En fin de matinée, je reçois un mail de mon beau-frère Olivier m’annonçant une commande urgente pour la restauration italienne (c’est un fervent romain et il a de très bonnes relations dans la capitale italienne) ; je le rassure : les vins sont disponibles, il pourra donc les acheminer dès demain. Emilie, qui est de permanence à Tour de Bessan va préparer les vins et je m’occuperai de facturer.
Nathalie qui suit notre comptabilité me rassure, Michèle avec qui elle travaille viendra nous dépanner. On s’organise en attendant le retour de Viviane.
Retour à Duplessis où la parcelle des Pommiers est terminée ; on vendange la parcelle de vieilles vignes derrière le cuvier pour compléter la cuve; une demi-heure de plus pour notre courageuse troupe qui déménage demain sur Cenot.
Emilie et moi parlons du programme de ramassage et allons faire un petit tour à La Morère où se trouvent 3 parcelles de Merlot ; on devrait en ramasser deux en fin de semaine si la technique et la main d’œuvre sont au rendez-vous !




mardi 5 octobre 2010

Les vendanges 2010 - Mardi 5 Octobre: enfin à Duplessis!

La température matinale de 14°C est agréable. La pluie a cessé, la nuit a miraculeusement séché  le paysage ; seules les flaques témoignent des trombes d’eau tombées la veille. Notre pluviomètre moulissois indique 30 mm. Ce n’est pas rien !
Emilie et moi commençons notre tour quotidien par La Tour de Bessan : c’est un jour « avec » où tout se goute bien ; Emilie se demande si c’est un jour « fruit ». En effet, le calendrier lunaire indique des périodes différentes (racines, fruits…) et cette période-là est favorable à la dégustation.
Les remontages programmés vont en diminuant ; nous ajoutons quelques tâches (qui attendaient un moment de disponibilités de nos équipes) avant de partir vers Villegeorge. Nous découvrons la « tête » de la cuve remplie hier ; elle montre une couleur de bon aloi. Les deux autres cuves ont bien progressé et se gouttent mieux de jour en jour. On diminue les remontages de la première cuve dont la densité est proche de 1030, la seconde aura ses deux aérations quotidiennes.
Nous goûtons le second vin 2009, histoire de contrôler son évolution : il faut se remettre au goût du vrai vin ! Après les notes sucrées, le fruité très expressif des cuves de Merlot, le vin se défend bien. Le nez mêle harmonieusement fruits rouges et léger boisé (l’élevage en barriques ne représente que 22%, le reste du volume est élevé en cuves). La bouche est charnue, bien équilibrée, le vin est plaisant, sur le fruit avec une finale fraîche.
Duplessis : nous voici déjà sur le terrain des vendangeurs ; la joyeuse troupe se trouve à gauche de la belle allée qui serpente entre les arbres centenaires. Daniel et Elisabeth trient les raisins, l’air satisfait : c’est très joli ! Habib a reçu sa première remorque ; elle se vide directement dans l’érafloir-fouloir, elle est difficile à mettre en place au premier essai, il est plus aisé de vider dans un conquet (plus large). Heureusement, les plus expérimentés guident ceux qui apprennent leur métier pour la première année.
A la fin de la journée, la cuve de 173 hl est pratiquement pleine. Ali et Elisabeth aident Habib à vider le tuyau de vendange : énorme serpent rouge qui fait le lien entre la cuve et la pompe à vendange.
Les bottes pataugent, le jet d’eau arrose, le nettoyage bat son plein.

Emilie est à Tour de Bessan en train de faire les analyses des prélèvements que nous avons effectués ensemble dans l’après-midi, afin de faire un point sur nos parcelles de Cabernet Sauvignon. Je l’appelle et nous échangeons avec Thierry pour bâtir le programme de demain : finir les quelques rangs des 3 Pièces puis ramasser ensuite les vieilles vignes en commençant par les Pommiers. Thierry sait qu’il y passera plus de temps car les pieds sont plantés à une densité de 10 000 pieds à l’hectare ; les rangs sont étroits : 1 m seulement au lieu de 1m30 ou 1m50. Il n’y aura qu’un vendangeur par rang. D’ordinaire, il y en a deux, dos à dos.
La journée s’achève, il fait bon : plus de 21°C, la lumière baisse, les oiseaux chantent. Encore une journée qui s’envole !

lundi 4 octobre 2010

Les vendanges 2010 - Lundi 4 Octobre: une demi journée de récolte et un atelier vinification au Château La Tour de Bessan

Nous commençons à 8h, la température est élevée contrairement à la semaine précédente, il fait 18°C. Le ciel est couvert .

Tour quotidien de nos cuves, nous stoppons les remontages sur les premières cuves ; notre numéro 2 part en échantillon au laboratoire : elle est en fin de fermentation alcoolique. Les dernières cuves prennent de la densité, se structurent. Jean-Luc et Hedi démontent le roulement du conquet ; il est commandé et la pièce devrait arriver demain.
A Villegeorge, la troupe finit la première benne quand nous arrivons sur place ; les mines sont reposées (en particulier pour les vendangeurs extérieurs à nos équipes qui ont pu bénéficier de deux jours de repos). On me demande des nouvelles de la soirée de samedi ; je remercie de la part de nos hôtes, repartis heureux de cette journée de vendanges communes. Elisabeth, juchée sur la remorque, effectue le tri de la récolte ; elle est tout sourire et déclare s’être beaucoup amusée !
Un tour au cuvier pour déguster nos deux cuves en attendant que la troisième soit remplie.
A 11h45, notre troupe a fini la Vieille Vigne de Villegeorge ; la remorque est vidée quand la pluie commence à tomber. Ce sont d’abord quelques gouttes, puis une belle averse. Coup de fil à Thierry puis Emilie. Nous décidons d’arrêter pour la journée. Sage décision car la pluie et les rafales de vent ne cessent guère toute l’après-midi. Une pluie bénéfique pour la nature : la Jalle de la Morère à Moulis était totalement à sec (ce qui est assez rare à cette époque de l’année).
A 15h30, nos touristes accompagnés d’une charmante guide arrivent directement au cuvier pour l’atelier de vinification. Ils viennent du Château Loudenne où ils ont pu vendanger et déjeuner (avec les vins des 4 Médocaines). Je leur explique la vinification en français tandis que leur accompagnatrice (qui connait bien les lieux) traduit avec aisance mes propos en anglais. Il y a beaucoup de francophones dans ce groupe : nos fidèles québécois (nous n’avons pas de groupe de touristes sans notre équipe du Québec) ainsi que des brésiliens qui parlent parfaitement français. Les questions sont nombreuses, parfois déroutantes : est-ce que le vin devient limpide quand il n’y a plus de sucre ? Le sucre ne se voit pas mais se mesure, cela nous semble évident. Je reprends les différentes étapes de clarification du vin sous l’oreille attentive de nos hôtes. Une jeune québécoise me demande si le vin est prêt ! Ils sont en train de goûter du moût de Merlot en fermentation : il y a encore beaucoup de sucre non fermenté. Je lui réponds qu’il faut finir les vendanges et les vinifications avant de parler réellement de vin. La deuxième cuve goûtée a presque terminé ses sucres (il en reste une dizaine de gramme), l’alcool se perçoit bien ainsi que les tannins. Une jeune asiatique me pose des questions sur le nom de ce jus et me demande d’épeler le mot français : « moût ». Ce n’est pas encore du vin ; je rappelle qu’il faut être patient : au moins deux ans entre la récolte et la mise à disposition des bouteilles. Notre jeune québécoise s’interroge sur l’âge des vignes ; elle ouvre de grands yeux quand je lui dis que nous travaillons sur 20 ans pour établir un vignoble : arrachages et replantations doivent être faits régulièrement pour maintenir l’équilibre et pouvoir produire de grands vins. Un échange intéressant qui nous permet de partager notre savoir-faire et notre passion avec des amateurs qui nous font le plaisir de venir en curieux, parfois du bout du monde, pour découvrir les coulisses du vin.
Demain, nous espérons (la météo le dit) que le temps reviendra au beau et que nous pourrons enfin commencer la récolte à Duplessis. Sinon je crains qu’Habib ne s’impatiente : il gère avec beaucoup de sérieux les vinifications à Moulis et c’est la seule des trois propriétés à ne pas avoir une seule cuve remplie.

Les vendanges 2010 - Dimanche 3 Octobre

Aujourd’hui, seules les équipes des chais de La Tour de Bessan (Jean-Luc, Heidi et Romain) et Villegeorge (Jean-Denis et Mickaël) sont là. Emilie et moi faisons une station dans chaque cuvier pour faire le planning du jour en dégustant avec les maîtres de chais, chacune des cuves rentrées. Celle du Fouquet’s, première cuve de Cabernet Sauvignon arbore déjà une teinte superbe, comparable à celle des Merlots ; l’analyse nous confirme les résultats des prélèvements avant récolte : 12°6 ! Un très beau degré pour ce cépage moins riche en sucres naturels que le Merlot. Romain s’endort debout, Jean-Luc lui donne son après-midi afin qu’il commence la semaine en bon état physique ! Ensuite, un petit tour de vignes centré sur les parcelles de Merlot à ramasser ; nous devons établir le planning pour le lendemain.
C’est décidé, nous ramasserons lundi matin la vieille vigne de Villegeorge ; la troupe devrait la vendanger dans la matinée. Ensuite nous irons à Duplessis : deux jours de vendanges pour ramasser les Merlots qui sont mûrs.
Le temps est au beau et il fait chaud l’après-midi : 29°C !